Frise chronologique
1380
Attestation du donjon
Attestation du donjon
1380 (≈ 1380)
Premier donjon carré mentionné comme base.
début XVe siècle
Construction par les Castellane
Construction par les Castellane
début XVe siècle (≈ 1504)
François et Melchior de Castellane achèvent l’édifice.
1586
Siège par les ligueurs
Siège par les ligueurs
1586 (≈ 1586)
Jeanne de Grasse résiste seize jours.
1610-1611
Mariage et décès d’Alexandre du Mas
Mariage et décès d’Alexandre du Mas
1610-1611 (≈ 1611)
Épouse Marthe d’Oraison, meurt en 1611.
1839
Restauration par Rippert-Monclar
Restauration par Rippert-Monclar
1839 (≈ 1839)
Campagne de travaux lancée par le marquis.
2 septembre 1986
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2 septembre 1986 (≈ 1986)
Protection officielle du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (cad. C 382) : classement par arrêté du 2 septembre 1986
Personnages clés
| François de Castellane - Seigneur et constructeur |
Initiateur du château au XVe siècle. |
| Melchior de Castellane - Fils de François |
Achève la construction du château. |
| Jeanne de Grasse - Défenseuse protestante |
Résiste aux ligueurs en 1586. |
| Nicolas du Mas de Castellane - Baron et époux de Jeanne |
Tué en 1586 lors du siège. |
| Marthe d’Oraison - Baronne et fondatrice |
Veuve, fonde couvent des Capucines. |
| Marquis Rippert-Monclar - Restaurateur du XIXe siècle |
Lance des travaux en 1839. |
Origine et histoire
Le château d’Allemagne-en-Provence est construit à la fin du XIVe siècle par les barons de Castellane, après leur exil de leur fief initial en raison de leur soutien aux révoltes marseillaises. Au XIIIe siècle, ces derniers s’étaient retranchés derrière une enceinte de cinq tours, aujourd’hui disparue. Le bâtiment actuel, initié par François de Castellane et achevé par son fils Melchior au début du XVe siècle, s’élève à partir d’un donjon attesté dès 1380. Ce site stratégique, proche du Colostre (affluent du Verdon), reflète l’importance défensive et résidentielle pour cette lignée noble.
En 1586, le château devient le théâtre d’un épisode marquant des guerres de Religion : Jeanne de Grasse, épouse du baron Nicolas du Mas de Castellane, y résiste seize jours aux ligueurs. Son mari, tué d’un coup de mousquet alors qu’il tentait de la rejoindre après une bataille, laisse le château à leur fils Alexandre. Ce dernier, après son mariage avec Marthe d’Oraison en 1610, meurt prématurément en 1611, laissant Marthe veuve et propriétaire des lieux. Elle fonde plus tard le couvent des Capucines à Marseille et transmet le domaine à sa fille Gabrielle, qui épouse Antoine de Villeneuve en 1624.
Le château reste aux mains des Castellane jusqu’à la fin du XVIe siècle, puis passe entre celles de familles provençales, comme les Rippert-Monclar au XIXe siècle. Ces derniers entreprennent d’importantes restaurations entre 1839 et le début du XXe siècle. En 1936, la veuve du marquis François Rippert-Barret lègue le château aux écoles libres des diocèses de Digne et Avignon. Après la Seconde Guerre mondiale, il est transformé en colonie de vacances par le syndicat des confiseurs d’Apt (1945-1977), avant d’être acquis par un couple privé, M. et Mme Ruger.
Architecturalement, le château mêle un donjon médiéval carré du XIVe siècle à des logis Renaissance du XVIe siècle, organisés autour d’une cour rectangulaire flanquée de tours rondes. Les fenêtres richement ouvragées et l’agencement en mas provençal illustrent cette dualité stylistique. Classé Monument Historique en 1986, il incarne à la fois un patrimoine militaire, résidentiel et religieux, marqué par les conflits et les alliances des élites locales.
Aujourd’hui, le château conserve des traces de ses multiples vies : forteresse des Castellane, lieu de résistance protestante, domaine seigneurial, puis établissement éducatif et touristique. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux de la Provence, des révoltes médiévales aux restaurations modernes, en passant par les guerres de Religion et les legs charitables du XIXe siècle.