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Château à Selles-sur-Cher dans le Loir-et-Cher

Château

    1 Le Château
    41130 Selles-sur-Cher
Propriété d'une société privée
Château
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Château
Château
Crédit photo : Manfred Heyde - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
Fin Xe siècle
Construction du premier donjon
1194
Destruction par Richard Cœur de Lion
1212
Reconstruction par Robert de Courtenay
1604
Achat par Philippe de Béthune
1612
Rénovation par Androuet du Cerceau
1985
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château, y compris le sol de la cour et les douves (cad. K 4, 11, 12, 13, 16, 17) : classement par arrêté du 22 octobre 1985

Personnages clés

Thibaud Ier de Blois (dit *le Tricheur*) - Comte de Blois Commanditaire du premier donjon (Xe siècle).
Robert de Courtenay-Champignelles - Seigneur capétien Reconstructeur du château en 1212.
Philippe de Béthune - Comte de Selles, frère de Sully Acheteur en 1604, mécène des transformations.
Jacques II Androuet du Cerceau - Architecte Auteur des rénovations de 1612.
Pierre Chauvallon - Architecte Restauration majeure en 1913.
Michel Guyot et Noémi Brunet - Ancien propriétaires (2012) Ouverture au public et remeublement.

Origine et histoire

Le château de Selles-sur-Cher trouve ses origines à la fin du Xe siècle, lorsque Thibaud Ier de Blois, dit le Tricheur, fit ériger un donjon en bois près du Cher pour protéger les moines de l’abbaye des attaques normandes. Vers l’an mil, ses descendants, Thibaut II et Eudes II de Blois, attribuèrent la seigneurie à deux fidèles : Humbaud Ier le Tortu (seigneur de Vierzon) et Geoffroy Ier de Donzy, ancêtres des futurs propriétaires. Ce premier édifice fut détruit en 1194 par Richard Cœur de Lion pendant l’absence de Raoul II de Mehun, parti en croisade, ne laissant que la tour principale.

En 1212, Robert de Courtenay-Champignelles, petit-fils de Louis VI et membre de la maison capétienne de Courtenay, reconstruisit le château avec trois tours d’angle et une maison de gardien. Le site resta dans la famille de Courtenay jusqu’en 1288, avant de passer aux mains des Chalon-Auxerre-Tonnerre pendant trois siècles, via des alliances matrimoniales complexes. Les Husson-Tonnerre puis les Clermont-Tonnerre en héritèrent, jusqu’à sa vente en 1593 à Charles de Goyon de Matignon et Léonore d’Orléans-Longueville. Dès 1604, Philippe de Béthune, frère du ministre Sully, acquit le domaine pour 93 000 livres et fit ériger la seigneurie en comté en 1621.

Au XVIIe siècle, l’architecte Jacques II Androuet du Cerceau redessina les pavillons nord et sud, l’entrée principale et les intérieurs du châtelet médiéval pour Philippe de Béthune. Le château changea ensuite de mains à plusieurs reprises : les Le Bret de Flacourt (intendants de Provence et de Bretagne), les La Bourdonnaye-Blossac, puis les marquis de Bartillat au XIXe siècle. Des restaurations majeures eurent lieu en 1913 sous la direction de Pierre Chauvallon, après la destruction de la galerie ouest en 1813. En 2012, Michel Guyot et Noémi Brunet rachetèrent le château pour l’ouvrir au public, avant sa revente à Nicolas Mazzesi et Katherine Wu, qui y développèrent des activités touristiques innovantes, comme des visites en réalité virtuelle.

L’architecture du château mêle deux époques distinctes : une partie médiévale à l’ouest (XIIIe siècle), avec un châtelet fortifié entre deux tours, et une aile Renaissance (début XVIIe) caractérisée par des pavillons en brique et pierre. La Tour du Coq, vestige du XIIIe siècle, domine l’avant-cour délimitée par des douves. À l’intérieur, seul le pavillon Philippe de Béthune est visitable, remeublé récemment avec des reproductions de tableaux et des boiseries d’époque. Les jardins, redessinés au XVIIIe siècle, abritent un cèdre du Liban tricentenaire, labellisé Arbre remarquable de France en 2016.

Le château fut classé Monument Historique en 1985, après une première inscription en 1926. Propriété privée, il accueille aujourd’hui des festivals (comme Geek Faëries), des tournages et des événements culturels. Son histoire reflète les rivalités féodales entre Blois et Anjou, puis l’influence des grandes familles royales et ministérielles, des Courtenay aux Béthune, en passant par les intendants de l’Ancien Régime. Les restaurations successives, notamment celles de 1913 et du XXIe siècle, ont permis de préserver ce témoin des transformations architecturales entre Moyen Âge et époque moderne.

Liens externes