Origine et histoire
Le château de Guémené-sur-Scorff trouve ses origines au XIe siècle, lorsque la famille Guegant y construit un premier édifice, remplacé plus tard par une forteresse appartenant à la maison de Rohan. Pendant la guerre de Succession de Bretagne (1342-1369), le château change plusieurs fois de mains : pris par Charles de Blois en 1342, repris par les Anglais en 1342, puis cédé à Jeanne de Rostrenen en 1369 avant d’être rendu à sa propriétaire légitime, Jeanne de Beaumer, par le duc Jean IV. Jean Ier de Rohan en devient propriétaire en 1377 et y ajoute des étuves gothiques (« bains de la reine ») en 1380, dédiées à Jeanne de Navarre.
Au XVe siècle (1474-1486), Louis II de Rohan-Guémené rase l’ancien château pour ériger un nouvel édifice, démilitarisé en 1522 par Louis IV et transformé en palais. La terre de Guémené est érigée en principauté en 1570 par Charles IX. Pendant les guerres de la Ligue (1589-1592), le château est tour à tour occupé par les troupes du duc de Mercœur, les royaux, puis les Espagnols. Louis XIII ordonne son démantèlement dans les années 1620, ne laissant que des vestiges comme les remparts et la porte occidentale.
À la Révolution, le château est confisqué et converti en prison, puis en hôpital et caserne au XIXe siècle. Vendu à des particuliers (Declerq en 1814, Juttard-Lannivon en 1843), il abrite l’hôtel de ville à partir de 1860. La plupart des structures sont démolies en 1926, à l’exception de la porte des Rohan (XVe siècle), classée en 1925, et des étuves, vendues en 1929 puis restituées et restaurées en 2008. Ces dernières, ornées de sculptures représentant Jean Ier de Rohan et Jeanne de Navarre, témoignent de l’opulence passée du site.
Aujourd’hui, le château se réduit à des fragments de remparts, la porte gothique à mâchicoulis, et les étuves, seules structures médiévales conservées. Ces vestiges, protégés au titre des monuments historiques, rappellent son rôle central dans l’histoire bretonne, entre conflits féodaux, transformations architecturales et déclin progressif.