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Château

    14 Carriero Dou Tingoulié
    83560 Saint-Martin-de-Pallières
Propriété privée
Château
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Crédit photo : Fr.Latreille - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1055
Première mention du *castrum*
1227
Hommage à la Provence
1604
Acquisition par Pierre de Laurens
1661
Érection en marquisat
1734
Aménagement du parc
1747
Construction de la citerne
1862-1865
Restauration et agrandissement
14 novembre 2003
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château et des communs ; parc en totalité avec ses éléments structurés ; grande citerne en totalité (cad. B3 744 à 747, 750 à 752 ; B2 519) : inscription par arrêté du 14 novembre 2003

Personnages clés

Boniface de Castelane - Seigneur médiéval Fit hommage au Comte de Provence.
Pierre de Laurens - Conseiller au Parlement Transforma le château au XVIIe siècle.
Christophe Veyrier - Sculpteur Auteur de l’*Assomption* de la chapelle.
Pierre Puget - Maître d’œuvre Intervint pour les grands travaux.
Diane et Michel de Boisgelin - Propriétaires actuels Restauration et ouverture au public.

Origine et histoire

Le château de Saint-Martin-de-Pallières, situé dans le Haut-Var en Provence-Alpes-Côte d'Azur, est un édifice dont les origines remontent au Moyen Âge. Mentionné pour la première fois en 1055 comme un castrum, il était alors un logis quadrangulaire flanqué de tours rondes, construit sur un promontoire rocheux pour protéger les habitants des insécurités de l’époque. En 1227, Boniface de Castelane en fait hommage au Comte de Provence, confirmant son importance stratégique. Le site, dominant le plateau de Pallières, devient un lieu de refuge et de pouvoir local.

Au XVIIe siècle, le château passe entre les mains de Pierre de Laurens, Conseiller au Parlement de Provence, qui entreprend d’immenses travaux de transformation entre 1604 et 1661. Le fief est érigé en marquisat en 1661, marquant son apogée comme résidence seigneuriale. Les aménagements incluent l’extension des bâtiments, le percement de 80 fenêtres et la création de 57 pièces, ainsi que des jardins structurés. Le parc à la française, planté dès 1680 malgré un sol hostile, devient un élément central du domaine, avec une allée majestueuse orientée vers l’est.

Le XVIIIe siècle voit l’ajout d’une citerne souterraine monumentale, surnommée la « Cathédrale souterraine », construite en 1747 pour irriguer les jardins. Avec ses 500 m2 et ses voûtes gothiques soutenues par 20 piliers, elle était alors la plus grande citerne d’Europe. Le parc, aménagé en 1734, offre des vues sur le Verdon, la Sainte-Victoire et le Ventoux, tandis qu’un pigeonnier et des communs complètent l’ensemble. En 1774, le château entre dans la famille de Boisgelin par mariage, qui le conserve encore aujourd’hui.

Dégradé pendant la Révolution, le château est restauré et agrandi entre 1862 et 1865, avec l’ajout d’une quatrième tour et des façades ouest. Les propriétaires successifs, comme les familles de Vintimille, Castellane, et d’Agout, ont marqué son histoire. Au XIXe siècle, le géomètre Ouvière redessine le parc, ajoutant colonnades et balustrades. La chapelle privée abrite une copie de l’Assomption de la Vierge de Christophe Veyrier, dont l’original est aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts de Marseille.

Classé à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2003, le château et son parc — reconnu « Jardin remarquable »— illustrent l’évolution des forteresses médiévales en résidences aristocratiques. Le domaine, ouvert au public, accueille des événements culturels comme le festival « Les Concerts en Voûtes » dans la citerne, dont l’acoustique est remarquable. Les propriétaires actuels, Diane et Michel de Boisgelin, ont engagé des travaux pour préserver et valoriser ce patrimoine, tout en l’adaptant à des usages contemporains.

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