Origine et histoire du Château Bilstein
Le château du Bilstein, aussi appelé Bilstein-Urbeis ou Bilstein Lorrain, est un château fort alsacien édifié probablement au début du XIIIe siècle sur une colline de la vallée de Villé, près du village d’Urbeis. Il servait à la fois de résidence seigneuriale, de forteresse défendant l’axe Alsace-Lorraine, et de protection pour les mines environnantes. Son architecture marque un tournant dans les constructions féodales, avec un donjon carré protégeant un logis seigneurial à deux niveaux.
Le château changea plusieurs fois de mains : attribué aux Habsbourg au XIIIe siècle, divisé en 1310 entre ces derniers, l’évêque de Strasbourg et le margrave de Bade, puis partiellement vendu ou cédé en fief. En 1477, il fut assiégé par Strasbourg pour libérer le comte Engelbert II de Nassau, capturé par Hans Marx d’Eckwersheim après la bataille de Nancy. Les canons strasbourgeois, dont le célèbre Struss, endommagèrent gravement la forteresse, conduisant à sa reddition.
Dès le XVIe siècle, le château était en ruine, servant de carrière pour construire l’église d’Urbeis en 1789. Classé Monument historique en 1898 puis 1930, il fut consolidé en 1964 et 1995. Aujourd’hui, il ne subsiste que des vestiges du logis seigneurial (XIIIe siècle) et du donjon (XIIe siècle), ainsi qu’une citerne ronde creusée dans la roche. Son histoire est liée à des légendes, comme celle de la malédiction de Hans Marx, et à l’exploitation minière locale (argent, cuivre, galène).
Le site, accessible librement, offre un panorama sur la vallée et témoigne des conflits médiévaux entre seigneurs locaux, villes libres comme Strasbourg, et puissances régionales (Lorraine, Habsbourg). Les fouilles et relevés (XIXe–XXe siècles) ont permis de mieux comprendre son organisation spatiale, malgré l’absence de basse-cour significative.
Le château est indissociable du col d’Urbeis, voie stratégique depuis l’Antiquité, et des mines voisines, comme la mine Théophile (XVIe siècle), exploitée pour ses ressources métallifères. Son déclin s’explique par son abandon progressif après la guerre de Trente Ans et son utilisation comme carrière, notamment pendant la Révolution française.