Origine et histoire
Le château Blanat, implanté sur la commune de Saint-Michel-de-Bannières dans le Lot, trouve ses origines dans la seconde moitié du XVe siècle. Construit pour Gausbert de Blanat, co-seigneur du lieu et vassal du vicomte de Turenne, il se compose d’un corps de logis, de deux tours rondes (dont une conserve ses mâchicoulis) et d’une tour pentagonale abritant un escalier à vis. Ce château de marchands, érigé sur une esplanade dominant le Haut-Quercy, reflète l’architecture militaire et résidentielle de l’époque.
Au fil des siècles, le château subit plusieurs transformations. Les armoiries de Marguerite de Sermur, épouse de Raymond de Blanat en 1554, suggèrent des aménagements au XVIe siècle. Les façades sont remaniées à la fin du XVIIIe, tandis qu’une campagne de rénovation entre 1854 et la fin du XIXe ajoute un perron, des balcons et surélève la tour poivrière. Une aile abritant la chapelle, probablement détruite avant la Révolution, n’en laisse que des vestiges, comme une cave voûtée.
L’histoire du château est marquée par un drame en 1573 : l’assassinat de Guynot de Blanat, de son épouse Gabrielle de Reilhac et de leur intendant, dans la grande salle. Les motivations restent obscures, attribuées tantôt à des protestants menés par Antoine de Maleville, tantôt à Jean de Rilhac, père de Gabrielle, qui hérite ainsi de la seigneurie. Ce crime, documenté par un procès détaillé, inspire plus tard des œuvres culturelles, comme le roman Le dernier complot des Valois (2016).
Après 1573, le château passe aux mains de la famille de Rilhac jusqu’en 1722, date à laquelle il est vendu pour régler des dettes. Il change ensuite de propriétaires, dont la famille d’Aupias après la Révolution, puis Henri de Pierre de Bernis au XXe siècle. Ce dernier transmet les archives du château à l’abbé Ville, qui les lègue aux Archives départementales du Lot en 1954. Bien que propriété privée, le château s’ouvre ponctuellement pour des événements municipaux.
Le château Blanat acquiert une notoriété culturelle au XXe siècle. En 1976, Nino Ferrer y enregistre l’album Blanat (sorti en 1979), dont la pochette représente la façade nord. L’édifice, classé parmi les châteaux du Lot, illustre aussi l’influence des familles marchandes et seigneuriales dans le Quercy, entre Moyen Âge et époque moderne.