Frise chronologique
1035
Attestation du château fort
Attestation du château fort
1035 (≈ 1035)
Premier château de la famille de Tosny.
1356
Prise par les Navarrais
Prise par les Navarrais
1356 (≈ 1356)
Château contrôlé pendant la guerre de Cent Ans.
1378
Destruction du château fort
Destruction du château fort
1378 (≈ 1378)
Château rasé cette année-là.
1557-1572
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1557-1572 (≈ 1565)
Bâti pour Anne de Laval, style Renaissance.
vers 1750
Ajout des pavillons des ailes
Ajout des pavillons des ailes
vers 1750 (≈ 1750)
Œuvre de Charles Thibault.
Vers 1745-1760
Transformations par le président d’Acquigny
Transformations par le président d’Acquigny
Vers 1745-1760 (≈ 1753)
Ajout d’ailes, orangerie et chapelle par Thibault.
avant 1788
Construction du Petit Château
Construction du Petit Château
avant 1788 (≈ 1788)
Logement secondaire du Président d'Acquigny.
1820
Redessin du parc paysager
Redessin du parc paysager
1820 (≈ 1820)
Introduction d’éléments romantiques et exotiques.
1823
Modernisation du parc
Modernisation du parc
1823 (≈ 1823)
Création d'une rivière artificielle et cascades.
1845-1860
Suppression des douves
Suppression des douves
1845-1860 (≈ 1853)
Comblement et déplacement du cimetière.
17 avril 1926
Première protection
Première protection
17 avril 1926 (≈ 1926)
Inscription partielle du château.
17 septembre 1946
Classement des façades
Classement des façades
17 septembre 1946 (≈ 1946)
Protection des toitures du château.
20 août 1993
Protection du domaine entier
Protection du domaine entier
20 août 1993 (≈ 1993)
Inclut parc, canaux et bâtiments annexes.
1989-2002
Ouverture progressive au public
Ouverture progressive au public
1989-2002 (≈ 1996)
Restauration et valorisation du domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 17 avril 1926 - Façades et toitures du château : classement par arrêté du 17 septembre 1946 - Façades et toitures des communs : inscription par arrêté du 6 août 1951 - Ensemble du domaine (bâti et non bâti) , y compris le réseau hydraulique, à savoir : le parc en totalité, sols et plantations, y compris les murs et portails, canaux, rivière, ponts et vannages et l'enclos du cimetière, ainsi que les terres et prairies jouxtant le château au sud et à l'ouest ; les façades et toitures du commun nord et de la ferme du château ; le bâtiment de l'orangerie, en totalité ; le bras canalisé de l'Iton depuis son origine, vannage des Portelles au lieu-dit les Planches, jusqu'au pont situé dans l'axe de l'avenue de l'église (cad. AC 199 à 201, 49 à 52, 167, 168, 63 à 65, 30 ; ZD 150 à 154 ; ZE 126) : inscription par arrêté du 20 août 1993.
Personnages clés
| Anne de Laval - Commanditaire du château |
Fait construire le château (1557-1572). |
| Louis de Silly - Époux d’Anne de Laval |
Hommage architectural via leurs initiales (A.L.L.S.). |
| Pierre-Robert Le Roux, baron d’Esneval - Transformateur du domaine au XVIIIe |
Ajouta ailes, orangerie et chapelle. |
| Charles Thibault - Architecte |
Dirige les travaux à partir de 1745. |
| Félix Duban - Architecte restaurateur (XIXe) |
Modernisa l’intérieur dans les années 1830. |
| Roger d’Esneval - Restaurateur post-Seconde Guerre mondiale |
Relança le domaine après 1945. |
| Président d'Acquigny - Propriétaire et mécène |
Transforme le domaine au XVIIIe siècle. |
Origine et histoire
Le château d'Acquigny, situé dans la vallée de l'Eure en Normandie, remplace un ancien château fort rasé en 1378 après les conflits franco-navarrais. Pendant la guerre de Cent Ans, il fut un enjeu stratégique, pris par les Navarrais en 1356, puis repris par les Français en 1364 après un siège mené par Jean Bureau de la Rivière. Les chroniques de Froissart décrivent sa résistance acharnée, soulignant son importance militaire au XIVe siècle. Le site, contrôlant la navigation sur l’Eure, fut finalement détruit sur ordre de Charles V en 1378, marquant la fin de son rôle défensif médiéval.
Le château actuel fut construit entre 1557 et 1572 par Anne de Laval, cousine du roi et héritière des Montmorency, en hommage à son époux Louis de Silly. Son plan complexe, inspiré par leurs initiales entrelacées (A.L.L.S.), intègre une tourelle à loggias et une façade ornée de motifs célébrant leur amour. L’édifice, décrit comme « rebâty et de nouveau construit » en 1584, mêle élégance Renaissance et symbolisme personnel, avec des décors sculptés aujourd’hui dispersés (musée de Lyon, Waddesdon Manor).
Au XVIIIe siècle, le domaine fut transformé par Pierre-Robert Le Roux, baron d’Esneval, qui ajouta trois ailes basses, une orangerie, et une chapelle reconstruite par l’architecte Charles Thibault. Ce dernier conçut aussi un « petit château » ermitage pour le président d’Acquigny, pieux et inspiré par la règle trappiste. Le parc, redessiné vers 1820, intégra une rivière sinueuse, des cascades et des essences exotiques, reflétant l’influence romantique et les goûts paysagers de l’époque.
Les restaurations du XIXe siècle, menées par Zénaïde d’Esneval et l’architecte Félix Duban, modernisèrent l’intérieur au détriment des décors Renaissance, dont une partie fut vendue ou démontée. Après les dégâts de la Seconde Guerre mondiale, Roger d’Esneval entreprit des travaux d’urgence dès 1945, permettant la réouverture progressive du domaine au public à partir de 1989. Aujourd’hui, le parc et les jardins, labellisés Jardin remarquable, offrent un témoignage exceptionnel de l’évolution des styles architecturaux et paysagers, des guerres médiévales à l’art de vivre du XVIIIe siècle.
Le site conserve aussi des traces de son histoire hydraulique, avec un réseau de canaux alimentés par l’Eure et l’Iton, détourné dès le XIIe siècle par les moines de Conches-en-Ouche. Ces aménagements, initialement défensifs et agricoles, devinrent au XVIIIe siècle des éléments esthétiques, avec des miroirs d’eau et des cascades. Le potager du XVIIIe siècle, entouré de murs de briques roses, abrite des arbres fruitiers palissés et des collections botaniques, tandis que l’orangerie, construite vers 1746, accueille aujourd’hui des agrumes et des événements culturels.
Protégé au titre des monuments historiques depuis 1926, le domaine comprend le château (classé en 1946), les communs, l’orangerie, et l’ensemble du parc avec son réseau hydraulique. Les protections successives (1951, 1993) soulignent la valeur patrimoniale de ce lieu, où se mêlent histoire militaire, architecture Renaissance, et art des jardins, faisant d’Acquigny un exemple unique de la transmission du patrimoine normand à travers les siècles.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site du château ci-dessus.