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Château d'Aiguillon dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Classique

Château d'Aiguillon

    Place du 14-juillet
    47190 Aiguillon
Propriété de la commune ; propriété privée
Château dAiguillon
Château dAiguillon
Château dAiguillon
Château dAiguillon
Château dAiguillon
Château dAiguillon
Crédit photo : Jacques MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1346
Siège d'Aiguillon
XIIIe siècle
Construction des châteaux médiévaux
1599
Création du duché
1731
Rétablissement du titre ducal
1765-1780
Construction du château actuel
1792
Château déclaré bien national
1925
Première protection monument historique
1964-1966
Restauration du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les couvertures du bâtiment principal et de l'aile gauche de la cour d'honneur ainsi que la rampe en fer forgé de l'escalier (du premier étage aux combles) : inscription par arrêté du 20 juin 1925 ; Les façades et les toitures des deux pavillons flanquant la cour d'honneur : inscription par arrêté du 4 août 1951

Personnages clés

Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis - Duc d'Aiguillon et commanditaire Initie la construction du château actuel.
André Mollié - Architecte du château Dirige les travaux à partir de 1765.
Charles Le Roy - Ingénieur et intendant du duché Poursuit les travaux après 1771.
Barthélemy Cabirol - Sculpteur bordelais Réalise les frontons allégoriques en 1776.
Henri IV - Roi de France Érige Aiguillon en duché-pairie en 1599.
Jean Payen - Architecte restaurateur Dirige les travaux de 1964 à 1966.

Origine et histoire

Le château d'Aiguillon actuel, construit entre 1765 et 1780, remplace deux forteresses médiévales du XIIIe siècle : le château de Lunac, partiellement démoli en 1346 lors du siège d'Aiguillon par les troupes françaises, et le château du Fossat, disparu au XIXe siècle. Ces deux édifices dominaient le confluent du Lot et de la Garonne, jouant un rôle stratégique pendant la guerre de Cent Ans. Le château de Lunac, le plus ancien, fut bâti sur des ruines gallo-romaines et appartint successivement aux seigneurs de Lunac, aux Montpezat, puis aux Malvin de Montazet jusqu’en 1739.

Le duché d'Aiguillon, érigé en 1599 par Henri IV, passa entre les mains de plusieurs familles nobles, dont les Lorraine, les Richelieu et les Vignerot du Plessis. En 1731, le titre de duc d'Aiguillon est rétabli pour Armand-Louis de Vignerot du Plessis, dont le fils, Emmanuel-Armand, entreprend la construction du château actuel. Ce dernier, inspiré par l’architecture classique française, comprend une cour d’honneur et des élévations ornées de frontons sculptés par Barthélemy Cabirol. Les travaux, dirigés par André Mollié puis Charles Le Roy, s’étalent de 1765 à 1780, mais le château reste inachevé à la mort du duc en 1788.

Après la Révolution, le château est déclaré bien national en 1792. Son mobilier, incluant une riche collection d’œuvres d’art et une bibliothèque musicale, est dispersé ou détruit. Une partie des tableaux rejoint le musée d’Agen, tandis que 392 volumes de partitions sont conservés aux Archives départementales. Au XIXe siècle, le château devient un magasin des tabacs, puis est partiellement classé monument historique en 1925 et 1951. Restauré entre 1964 et 1966, il abrite aujourd’hui le lycée Stendhal.

Les vestiges des anciens châteaux, notamment ceux du Fossat, sont démolis au début du XIXe siècle pour laisser place à la cour monumentale prévue par le duc. Le projet initial, ambitieux, prévoyait une aile nord symétrique, jamais construite. Les façades et toitures, ainsi que la rampe en fer forgé de l’escalier, sont protégées depuis 1925. Le château témoigne des tensions entre les droits féodaux et les idées libérales émergentes à la fin du XVIIIe siècle.

Le château d’Aiguillon incarne aussi l’héritage culturel du duché, marqué par le mécénat des ducs, notamment en musique. Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis, dernier duc, y entretenait un théâtre et un orchestre, reflétant le faste de l’aristocratie avant la Révolution. Son exil en 1792 et la vente des biens marquent la fin de cette époque, tandis que le bâtiment, transformé en établissement scolaire, perpétue une partie de son histoire.

Liens externes