Origine et histoire du Château d'Alba
Le château d'Alba, situé à Alba-la-Romaine en Ardèche, trouve ses origines au XIe siècle avec la construction d’un donjon carré sur un dyke volcanique par les évêques de Viviers, craignant les invasions barbares. Ce premier édifice, entouré d’un castrum, servait de refuge à la population locale. La seigneurie d’Aps, alors appelée Alba Helviorum à l’époque romaine, devient un fief stratégique, partagé entre les familles d’Aps et des Deux-Chiens avant de passer aux Adhémar de Grignan (1290-1568).
Au XVIIe siècle, Georges de La Beaume de Suze transforme radicalement le château, lui donnant son aspect actuel de « bastide méridionale » à trois étages, avec des éléments Renaissance tardive. Le site, qui cumule fonctions militaire, résidentielle et de prestige, est cependant saccagé pendant la Révolution (1789) : meubles vendus, bibliothèque brûlée, et ailes effondrées. Après des décennies d’abandon, le docteur Gaillard le rachète en 1880 et entreprend des restaurations, suivies par celles de Magdeleine Frimat à partir de 1974, qui ouvre le château au public.
Classé monument historique en 1939, le château d’Alba conserve des vestiges médiévaux (donjon, échauguettes) et des aménagements des XVIIe et XIXe siècles. Aujourd’hui, il accueille expositions d’art contemporain, concerts et spectacles, tout en témoignant de son passé tumultueux, marqué par les guerres de Religion, les rivalités seigneuriales et les bouleversements révolutionnaires. Son histoire reflète aussi l’évolution architecturale, du donjon roman à la résidence aristocratique.
La toponymie du site révèle son héritage multiculturel : Alba (gaulois pour « hauteur »), Alba Helviorum (romaine, capitale de l’Helvie), puis Aps au Moyen Âge avant de retrouver son nom antique en 1903. Les fouilles et restaurations successives ont permis de préserver ce patrimoine, tout en adaptant ses espaces à des usages culturels modernes.
Les familles seigneuriales ont marqué son histoire : les d’Aps (XIe–XIIIe siècles), les Deux-Chiens (alliés aux rois de France), les Adhémar de Grignan (1290–1568, période la plus longue), les La Beaume de Suze (XVIIe siècle, reconstruction majeure), et les Montagut (jusqu’à la Révolution). Chaque lignée a laissé des traces, des remparts médiévaux aux salons Renaissance, en passant par les chartes communales octroyées au XIIIe siècle.