Frise chronologique
1488
Acquisition par Pierre Le Gendre
Acquisition par Pierre Le Gendre
1488 (≈ 1488)
Achat du domaine médiéval initial.
1576
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1576 (≈ 1576)
Chapelle Saint-Eutrope édifiée par Neufville-Villeroy.
Début XVIe siècle
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
Début XVIe siècle (≈ 1604)
Travaux majeurs par Pierre Le Gendre.
XVIIe siècle
Ajout d'une aile
Ajout d'une aile
XVIIe siècle (≈ 1750)
Agrandissement par la famille Neufville-Villeroy.
1er février 1944
Classement monument historique
Classement monument historique
1er février 1944 (≈ 1944)
Protection du château et de son parc.
2009
Vente judiciaire
Vente judiciaire
2009 (≈ 2009)
Acquisition par Alain Duménil, fermeture au public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château ainsi que le bâtiment des communs, les fortifications, le colombier et le parc : classement par arrêté du 1er février 1944
Personnages clés
| Pierre Le Gendre - Trésorier de France (Louis XII, François Ier) |
Reconstructeur du château au XVIe siècle. |
| Nicolas II de Neufville - Seigneur d'Alincourt, secrétaire d'État |
Héritier et agrandisseur du domaine. |
| Nicolas de Neufville de Villeroy (1542-1617) - Secrétaire d'État sous 4 rois |
Commanditaire de la chapelle et du mur d'enceinte. |
| Katherine d'Herbais de Thun - Vicomtesse, restauratrice (XXe siècle) |
Responsable des travaux de 1976. |
| Alain Duménil - Propriétaire depuis 2009 |
Acquéreur lors de la vente judiciaire. |
Origine et histoire
Le château d'Alincourt trouve ses origines au Moyen Âge, avec un manoir primitif acquis en 1488 par Pierre Le Gendre, trésorier de France sous Louis XII et François Ier. Ce dernier, issu d'une famille influente de financiers royaux, entreprend d'importants travaux de reconstruction au début du XVIe siècle, transformant le manoir en un château de style brique et pierre, caractéristique de la Renaissance. Les achats successifs de fiefs aux alentours et les modifications architecturales reflètent son ambition et sa richesse, accumulée grâce à ses fonctions de trésorier des guerres et général des aides.
À la mort de Pierre Le Gendre en 1525, le domaine passe à son neveu Nicolas II de Neufville, dont la famille, les Neufville-Villeroy, ajoute une nouvelle aile au XVIIe siècle. Cette lignée, proche du pouvoir royal, marque le château de son empreinte, notamment avec la construction d'une chapelle dédiée à Saint Eutrope en 1576 et d'un mur d'enceinte fortifié. Les transformations incluent aussi des éléments défensifs comme des tourelles en encorbellement et un colombier, symboles de prestige plus que de nécessité militaire.
Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains, passant entre autres au Comte de Senozan (1733-1764), puis à des familles comme les Vallière, Bobierre ou Bérenger, dont les héritières fondent l'ordre religieux des « Bérengères ». Classé monument historique en 1944 pour son ensemble architectural (château, communs, fortifications, colombier et parc), Alincourt connaît des restaurations majeures au XXe siècle, notamment sous l'impulsion de la vicomtesse Katherine d'Herbais de Thun dans les années 1970. Depuis 2009, après une vente judiciaire, le château est fermé au public.
L'architecture du château mêle des éléments médiévaux (moellons, pierres de taille) et des ajouts Renaissance (brique, damiers de pierre), avec des détails remarquables comme une tour d'escalier octogonale surmontée de mâchicoulis. La chapelle, sobre mais élégante, conserve des vestiges des tombeaux des Neufville-Villeroy, tandis que le parc, autrefois clos par une enceinte de 100 hectares, n'en garde aujourd'hui que trois côtés. L'inventaire après décès de Pierre Le Gendre, découvert sur place, offre un témoignage précieux de la vie et des possessions de ce financier influent.