Frise chronologique
XIIIe siècle
Première mention de la seigneurie
Première mention de la seigneurie
XIIIe siècle (≈ 1350)
Propriété de la famille des Essarts.
1470
Passage aux Mornay
Passage aux Mornay
1470 (≈ 1470)
Acquisition par mariage, conservée jusqu’en 1711.
1ère moitié XVIe siècle
Transformation Renaissance
Transformation Renaissance
1ère moitié XVIe siècle (≈ 1650)
Façade nord modifiée par Jean Grappin.
milieu XVIIIe siècle
Destruction du donjon
Destruction du donjon
milieu XVIIIe siècle (≈ 1850)
Remplacé par une aile classique.
1893
Restauration par Sedelmeyer
Restauration par Sedelmeyer
1893 (≈ 1893)
Ajout d’éléments vénitiens et statues italiennes.
1928
Création des jardins italiens
Création des jardins italiens
1928 (≈ 1928)
Inspirés de la villa Gamberaia (Florence).
20 juin 1945
Classement Monument historique
Classement Monument historique
20 juin 1945 (≈ 1945)
Façades et toitures protégées.
2003
Restauration par Coutau-Bégarie
Restauration par Coutau-Bégarie
2003 (≈ 2003)
Campagne de reconstitution des jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 4 juin 1926 - Les façades et toitures : classement par arrêté du 20 juin 1945 - Le parc du château, y compris les parties bâties et les murs d'enceinte et à l'exception de la statuaire, ainsi que les façades et toitures des bâtiments des communs et les deux éléments originaux déposés de tourelle du château (cf plan annexé à l'arrêté) (cad. B 1676, 640, 643) : inscription par arrêté du 13 décembre 2006
Personnages clés
| Louis de Mornay - Propriétaire (XVIe siècle) |
Commanditaire de la façade Renaissance. |
| Jean Grappin - Architecte (XVIe siècle) |
Auteur de la façade nord. |
| Charles Sedelmeyer - Marchand d’art (1893-1925) |
Restaure le château, ajoute éléments vénitiens. |
| Marquise de Tulle de Villefranche - Propriétaire (1928-2003) |
Créatrice des jardins italiens. |
| Olivier Coutau-Bégarie - Propriétaire actuel (depuis 2003) |
Restauration du château et jardins. |
| Pierre Gole - Ébéniste (XVIIe siècle) |
Auteur du cabinet en ébène. |
Origine et histoire
Le château d’Ambleville, situé dans le Vexin français à la frontière historique entre l’Île-de-France et la Normandie, est un monument Renaissance construit au début du XVIe siècle sur les bases d’une forteresse médiévale. Son architecture actuelle mêle une façade Renaissance (XVIe siècle) sur la façade nord, commandée par Louis de Mornay à l’architecte Jean Grappin, et des modifications majeures au XVIIIe siècle, dont la destruction du donjon médiéval remplacé par une aile. Le domaine, entouré de douves, était stratégiquement placé près de l’Aubette, marquant les limites avec la Normandie alors sous domination anglaise.
La seigneurie d’Ambleville, détenue par la famille des Essarts dès le XIIIe siècle, passe aux Mornay en 1470 par mariage. Ces derniers, famille influente originaire du Berry, conservent le domaine jusqu’en 1711. Madame de Maintenon, proche des Mornay, aurait pu séjourner au château, bien que cela ne soit pas attesté avec certitude. Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains : les Marolles (1711-1737), les Labbé (jusqu’en 1774), puis Grégoire Alexandre Dupuis de Gerville jusqu’en 1818. Le domaine est ensuite vendu aux enchères en 1819, passant entre les mains des Filleul d’Amertot, puis des Cavelier de Montgeon en 1860.
En 1893, Charles Sedelmeyer, marchand d’art renommé, acquiert le château et entreprend d’importantes restaurations. Il y installe un théâtre, décore les jardins de statues italiennes (dont certaines proviennent de la villa d’Este) et replacent des éléments vénitiens du XVIe siècle comme des cheminées et balcons. En 1907, une partie de sa collection est vendue aux enchères à Drouot, marquant un événement culturel majeur. Le château est classé Monument historique en 1945 pour ses façades et toitures, avec des inscriptions complémentaires en 1926 et 2006 pour le parc et les communs.
Les jardins, initialement vivriers et aménagés à l’anglaise au XVIIIe siècle, sont entièrement repensés en 1928 par la marquise de Tulle de Villefranche, s’inspirant des jardins italiens de la villa Gamberaia (Florence) et d’un tableau de Paul Brill. Ils intègrent des terrasses en damier, des topiaires évoquant un jeu d’échecs, et des éléments comme une serre ou un pédiluve. Depuis 2003, la famille Coutau-Bégarie mène une campagne de restauration des jardins (label Jardin remarquable) et du château, ouvert au public les fins de semaine de juin à septembre.
L’intérieur du château, accessible à la visite, abrite un mobilier exceptionnel : un escalier du XVIIIe siècle, des tapisseries d’Audenarde (XVIe-XVIIe siècles), des cabinets en ébène de Pierre Gole ou Jean Armand, et des œuvres comme un buste de Louis XVIII ou des statues en marbre de Charles-Antoine Bridan. Les pièces thématiques (chambre Mornay, salon des cuirs, galerie des tapisseries) reflètent l’évolution des goûts aristocratiques, des XVIIe et XVIIIe siècles à l’époque napoléonienne. Le domaine, inclus dans le parc naturel régional du Vexin, a également reçu le Grand Prix européen des jardins en 2015.
Les protections au titre des Monuments historiques couvrent le château (classé en 1945), ses communs (inscrits en 2006), et son parc, témoignant de son importance patrimoniale. Les archives conservées sur place, complétées par des sources comme les travaux d’Olivier Coutau-Bégarie (2011) ou les publications de la VMF, documentent son histoire riche, liée aux familles nobles (Mornay, Marolles, Sedelmeyer) et à son rôle dans le paysage culturel du Vexin.