Origine et histoire du Château d'Angrie
Le château d’Angrie, situé dans le département de Maine-et-Loire, est un monument néogothique construit entre 1846 et 1847 par l’architecte René Hodé pour le comte et la comtesse de Lostanges. Ce vaste rectangle flanqué de quatre tours rondes, couronnées de machicoulis et de toits élancés, s’élève au centre de douves médiévales larges de douze mètres, vestiges de l’ancien château. La décoration intérieure, confiée au peintre Achille Léger, spécialiste des décors d’opéra, en fait un joyau artistique. Premier exemple de style néogothique en Anjou, il influencera de nombreux châteaux construits dans la région durant la seconde moitié du XIXe siècle.
La seigneurie d’Angrie, attestée dès le XIIe siècle, appartenait à la famille d’Andigné, qui modernisa le château au XVIe siècle en y ajoutant des fossés, des ponts-levis et des canonnières. En 1586, René d’Andigné en fit une description détaillée, mentionnant ses fortifications et son parc clos de murailles. La lignée des d’Andigné s’éteignit en 1725, et la terre fut vendue en 1727 à Jacques-Urbain Turpin de Crissé. Par héritage, le domaine passa aux Lostanges, qui entreprirent la reconstruction du château en 1846, puis aux familles Hersart du Buron et Kerautem, actuels propriétaires.
Le château actuel, inscrit aux monuments historiques en 2008, conserve des éléments médiévaux comme les douves et un pont à deux arches, dernier vestige de l’ancien pont-levis. Les bases des quatre vieilles tours, rasées au XIXe siècle, subsistent encore dans les fossés creusés dans le roc. Les communs et la ferme, reconstruits en 1867, adoptent un style néoclassique contrastant avec le néogothique du logis. Une restauration dans les années 1990 modifia légèrement son apparence, supprimant notamment les créneaux des tourelles.
Le parc du château, ouvert à l’ouest par une porterie, inclut une croix ancienne provenant du cimetière d’Angrie. À son apogée, le domaine comptait dix fermes environnantes, comme celles de la Charmille (1896) ou de la Rochette. L’architecture du château, mêlant moellons de schiste et tufeau, illustre la transition entre traditions médiévales et innovations du XIXe siècle, tandis que ses décors peints en trompe-l’œil, aujourd’hui protégés, témoignent du faste de l’époque.