Origine et histoire du Château d'Annéot
Le château d'Annéot, situé dans l’Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines dans une seigneurie divisée au XVIIe siècle. En 1643, Étienne Champion, receveur du grenier à sel d'Avallon et futur anobli, acquiert une partie du domaine. Son petit-fils, Charles-François Champion (1701-1779), écuyer et seigneur d'Annéot, fait construire l’édifice actuel à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle sur les bases d’un manoir ancien. Le château, typique de l’architecture avallonnaise, s’accompagne de jardins inspirés de Versailles, avec bassins, statues et grottes en rocailles.
La propriété passe ensuite par héritage à la famille Guillet de Monts au XVIIIe siècle, puis aux Thirion de Noville au XIXe. Sans descendant direct, le château est transmis à Valérie Thirion (1879-1954), qui en reste la dernière propriétaire célibataire. Laissé à l’abandon pendant des décennies, il est racheté en 2023 pour une restauration majeure. Depuis 1984, ses façades, toitures, grilles d’entrée, pigeonnier et fontaine Saint-Gengoult sont inscrits aux monuments historiques.
Le domaine de 5 hectares conserve des éléments remarquables comme un cabinet de verdure, des communs (écuries, granges), et une fontaine cachée dans le parc. La grille d’entrée, ornée de pilastres et de vases sculptés, mène à une cour d’honneur bordée du château, dont le pavillon central arbore toujours le blason des Champion : « TEGIT HAEC NECAT ALTERA », avec un écusson représentant un homme armé. Les jardins, décrits en 1912 comme une réplique miniature de Versailles, mêlaient parterres à la française, statues et jeux d’eau, aujourd’hui partiellement disparus.
Bien que demeure privée non ouverte au public, les nouveaux propriétaires étudient l’ouverture des jardins. Le château illustre l’histoire des familles bourgeoises anoblies de l’Avallonnais, liées aux institutions locales (bailliage, grenier à sel) et à la noblesse de robe sous l’Ancien Régime. Son architecture et ses décors intérieurs (escalier en fer forgé, salon orné) reflètent le faste provincial du XVIIIe siècle.