Origine et histoire du Château d'Apremont
Le château d'Arthel, souvent confondu à tort avec le château d'Apremont en raison d'un propriétaire commun, est un édifice du XVIe siècle entièrement remanié au XVIIIe siècle. Construit sur les ruines d'un ancien château-fort, il se dresse sur un promontoire rocheux près de l'église d'Arthel, dans la Nièvre. Son histoire débute au XIIIe siècle avec la famille d'Arthel, avant de passer entre les mains de figures marquantes comme Guillaume de Lamoignon (1378) ou Jean de Chabannes, comte de Dammartin et frère du célèbre capitaine des Écorcheurs, Antoine de Chabannes. En 1584, Imbert de Paris, gentilhomme d'Henri III, y ajoute deux tours massives sur la façade nord, caractéristiques de la Renaissance.
La reconstruction majeure intervient en 1722 sous l'impulsion de François Guynet, conseiller du roi, qui érige l'édifice actuel sur les fondations médiévales. Les Fournier de Quincy, acquéreurs en 1754, agrandissent le château au XIXe siècle en y adjoignant deux pavillons carrés. Malgré son absence de chapelle privée, le château bénéficiait d'un espace dédié dans l'église paroissiale, disparu lors de la construction d'un nouveau lieu de culte en 1875. Le domaine, ceint de douves sèches et doté d'un parc à la française avec terrasses et labyrinthe de buis, reflète les goûts aristocratiques des XVIIIe et XIXe siècles.
Classé partiellement aux Monuments Historiques depuis 1984, le château conserve des décors intérieurs des XVIIIe et XIXe siècles, notamment dans les tours nord et le corps de logis central. Son colombier, daté de 1742, et ses communs complètent un ensemble architectural cohérent. Propriété privée depuis la Révolution, il est transmis au sein de familles nobles comme les Fournier de Quincy ou les comtes de Brondeau. Aujourd'hui, il reste un témoignage des transformations architecturales et sociales de la Bourgogne, du Moyen Âge à l'époque moderne.
Les armes des marquis d'Arthel, visibles sur le porche d'entrée en fer forgé, rappellent les alliances successives entre familles nobles (Lamoignon, Chabannes, Boutillat). Le château illustre aussi l'évolution des usages : d'une forteresse médiévale à une résidence d'agrément, avec des jardins conçus pour le plaisir et la représentation. Les terrasses nord, l'orangerie et les allées de tilleuls plantées vers 1700-1710 soulignent cette vocation esthétique et sociale.
Les protections au titre des Monuments Historiques couvrent à la fois des éléments intérieurs (décors des XVIIIe et XIXe siècles) et extérieurs (façades, toitures, parc avec ses cinq terrasses et son labyrinthe). Ces mesures préservent un patrimoine à la fois militaire, résidentiel et paysager, caractéristique des grandes demeures bourguignonnes. Le château, bien que privé, peut se visiter sur rendez-vous, offrant un aperçu de l'art de vivre aristocratique à travers les siècles.