Origine et histoire du Château d'Arcy
Le château d'Arcy, situé à Vindecy en Saône-et-Loire, trouve ses origines au XIIe siècle comme château fort. Il est profondément remanié aux XVe et XVIIe siècles, devenant le centre d’une seigneurie puis d’un marquisat. À l’origine intégré à la baronnie de Semur-en-Brionnais, il est détaché au XIIIe siècle pour une branche cadette de la famille de Semur. Jean de Semur, premier seigneur identifié en 1230, marque le début de son histoire féodale.
Au XVe siècle, le château passe aux mains de la famille Le Viste par le mariage de Béatrice de la Bussière avec Antoine Le Viste. Leur fils, Jean IV Le Viste, entreprend d’importants travaux entre 1457 et 1501, recevant même Louis XI en 1482. Ce dernier aurait commandé les célèbres tentures de La Dame à la Licorne. La fille de Jean, Claude Le Viste, épouse successivement Geoffroy de Balzac et Jean de Chabannes, poursuivant les aménagements du domaine.
Le XVIIe siècle est marqué par des transformations majeures sous les Guillard et les Valadoux. Après un incendie en 1591, Marie Raguier, veuve de Louis de Guillard, finance des réparations. Paul de Guillard, son petit-fils, ajoute une aile nord vers 1661 avant de se désintéresser du château pour une carrière militaire. Le domaine est ensuite érigé en marquisat par Antoine de Valadoux, qui l’agrandit avant sa vente en 1719 à Pierre Larcher, président à la Chambre des comptes de Paris.
Au XVIIIe siècle, Michel Larcher, maître des requêtes, modernise le château en comblant les douves et en initiant une nouvelle demeure (1767-1772), attribuée à tort ou à raison à l’architecte Edme Verniquet. La Révolution abolit les titres nobliaires, et le château, vidé de son mobilier en 1852, change plusieurs fois de mains au XIXe et XXe siècles. Malgré ces transformations, il conserve des éléments médiévaux comme des tours circulaires en grès et un corps de logis rectangulaire.
Le château est partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1983, protégeant ses façades, toitures et éléments d’entrée. Une de ses plus anciennes représentations date de 1885, dessinée par Rousselot, inspecteur des Forêts. Aujourd’hui, il témoigne de l’évolution architecturale et sociale d’une seigneurie bourguignonne sur plus de six siècles.