Frise chronologique
1750
Héritage du pavillon familial
Héritage du pavillon familial
1750 (≈ 1750)
Machault hérite du domaine paternel.
1751-1757
Construction du château
Construction du château
1751-1757 (≈ 1754)
Travaux dirigés par Contant d'Ivry et Chevotet.
1757
Arrêt des travaux
Arrêt des travaux
1757 (≈ 1757)
Disgrâce de Machault sous Louis XV.
1794
Saisie révolutionnaire
Saisie révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Biens confisqués, mort de Machault.
1815
Séjour de Louis XVIII
Séjour de Louis XVIII
1815 (≈ 1815)
Halte lors du retour d’exil.
1872
Vente à la baronne Rothschild
Vente à la baronne Rothschild
1872 (≈ 1872)
Démantèlement des ferronneries.
1921
Transformation en centre horticole
Transformation en centre horticole
1921 (≈ 1921)
Création d’un institut thérapeutique.
2000
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2000 (≈ 2000)
Protection partielle du domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du château et de l'orangerie, la chapelle en totalité, l'escalier d'honneur avec sa cage, les deux salons à lambris du rez-de-chaussée et l'emprise au sol du parc (cad. AH 52, 171, 187, 188 ; AI 154) : inscription par arrêté du 17 octobre 2000
Personnages clés
| Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville - Ministre de Louis XV et commanditaire |
Contrôleur général des finances, propriétaire. |
| Pierre Contant d'Ivry - Architecte principal |
Auteur des plans et directeur initial. |
| Jean-Michel Chevotet - Architecte associé |
Poursuivit les travaux après Contant. |
| Louis XVIII - Roi de France |
Séjourna au château en 1815. |
| Baronne Nathaniel de Rothschild - Propriétaire en 1872 |
Démantela les ferronneries du XVIIIe. |
Origine et histoire
Le château d'Arnouville, situé dans le Val-d'Oise, fut construit entre 1751 et 1757 pour Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, ministre de Louis XV (contrôleur général des finances, garde des sceaux, puis secrétaire d'État à la Marine). Conçu par les architectes Pierre Contant d'Ivry et Jean-Michel Chevotet, il devait remplacer un pavillon familial hérité en 1750. Le projet, d’un coût pharaonique (4 millions de livres prévus), incluait une place publique inspirée de la place Vendôme et une machine hydraulique pour alimenter les jardins. Les travaux, interrompus après la disgrâce de Machault en 1757, laissèrent le château inachevé : seule l’aile orientale, la chapelle (coupole en voûte sarrazine) et l’orangerie furent terminées.
Sous la Révolution, le château fut saisi en 1794 après la mort de Machault, emprisonné pour ses liens avec l’Ancien Régime. Ses héritiers, dont ses fils Louis (ancien évêque) et Armand (comte d’Arnouville), y vécurent jusqu’au début du XIXe siècle. En 1815, Louis XVIII y fit une halte lors de son retour d’exil, événement mentionné par Chateaubriand. Au XIXe siècle, le domaine changea plusieurs fois de mains : la baronne Nathaniel de Rothschild (1872) démantela ses ferronneries pour les transférer à l’abbaye des Vaux-de-Cernay, avant que le site ne devienne un centre horticole thérapeutique au XXe siècle.
L’architecture mêle classicisme et innovations, comme la chapelle à coupole en brique (technique rare au nord de la Loire) ou l’orangerie ornée d’un ordre dorique. Les écuries, détruites, et la grille d’entrée originale (volée par Rothschild) témoignent des pertes patrimoniales. Classé partiellement aux Monuments Historiques en 2000, le château abrite aujourd’hui l’ITEP Pierre Male, dédié à l’éducation spécialisée. Son parc, autrefois étendu jusqu’à Garges-lès-Gonesse, fut loti au XXe siècle pour construire le quartier de la Muette.