Origine et histoire du Château d'Arry
Le château d'Arry fut construit vers 1761 pour le comte d'Hodicq par l'entrepreneur-architecte Giraud Sannier, sur le territoire de la commune d'Arry, dans le département de la Somme. Une anecdote, dont l'authenticité reste incertaine, raconte que le comte de Courteville d'Hodicq, ruiné par le jeu, aurait retrouvé les fonds nécessaires grâce à la reine Marie Leczinska, qui lui aurait fait regagner sa mise lors d'une partie. Une console ornée d'un motif de cartes, dite « le jeu de la reine », dans le salon, commémorerait cet épisode.
Le château, de style classique, se distingue par son corps central en saillie, surmonté d'un dôme à la mansarde, encadré par deux ailes basses à arcades. Son intérieur conserve des décors remarquables, comme les lambris peints du grand salon (vers 1760) par Jean Loisel Le Gaucher, élève de Joseph Vernet, représentant des scènes champêtres. Le vestibule, avec son escalier à rampe en bois, et les salons meublés (cheminées, fauteuils, commodes) témoignent du raffinement de l'époque.
Le parc de 5 hectares, organisé à la française, s'articule autour d'une perspective axiale classée, dite « le miroir », alignée sur le château et prolongée par la rivière de la Maye. Une chapelle néogothique, sépulture des vicomtes de France, marque l'extrémité ouest du domaine. L'ensemble (château, parc, perspectives et allées) est classé monument historique depuis le 2 mars 1979, soulignant son importance patrimoniale.
Le château illustre l'architecture résidentielle aristocratique du XVIIIe siècle, mêlant fonctions de rendez-vous de chasse et de représentation sociale. Son histoire reflète aussi les mœurs de l'époque, où jeux d'argent et protection royale pouvaient sceller le destin d'une demeure. La présence d'artistes comme Le Gaucher, lié à l'école de Joseph Vernet, ancré le site dans les réseaux culturels picards.