Origine et histoire du Château d'Artias
Le château d'Artias, situé sur un éperon rocheux à 723 mètres d'altitude au-dessus des gorges de la Loire, est mentionné pour la première fois en 1040, bien que son origine remonte probablement au Xe siècle. Le nom Artias pourrait dériver du latin Arx (forteresse), du gaulois Artaos (ours), ou du dieu gallo-romain Artaius. En 986, un seigneur nommé Aldebert d'Artias est cité dans le cartulaire de Chamalières, confirmant une occupation ancienne du site. Le château, remanié au XIIe siècle, fut placé sous l'autorité des comtes-évêques du Puy en 1165 par une bulle papale.
Au fil des siècles, le château changea plusieurs fois de mains : il appartint aux Pons de Chapteuil (1212-1220), aux barons de Roche-en-Régnier (1230), puis aux familles Lévis-Lautrec (1344-1463), Bourbon (1453-1582), Lévis-Ventadour (1582-1661), Nerestang (1673-1730), et enfin Jourda de Vaux (1730-1789). En 1265, une charte de franchise fut accordée aux habitants, et en 1402, Charles VI autorisa l'organisation de foires annuelles. Le château fut abandonné à la Révolution et transformé en carrière de pierres.
La chapelle castrale, dédiée à Saint Denis et construite au XIIe siècle dans un style roman, servait aussi d'église paroissiale jusqu'en 1793. Elle fut inscrite aux monuments historiques en 1949 pour ses vestiges, dont des chapiteaux sculptés et des meurtrières. Le site, longtemps laissé à l'abandon, est restauré depuis 1973 par l'association Les Amis d'Artias, qui y organise des visites et expose des objets archéologiques retrouvés sur place.
Le château, bien que n'ayant jamais subi de siège, fut le théâtre d'un meurtre en 1488 : celui de Jean de Berry, secrétaire du duc Jean de Bourbon. Aujourd'hui, ses ruines — murs du logis seigneurial, vestiges de tours, et chapelle — offrent un panorama exceptionnel sur la vallée de la Loire. Un belvédère et une table d'orientation permettent d'apprécier ce paysage classé.