Frise chronologique
1750
Acquisition par le marquis de Voyer
Acquisition par le marquis de Voyer
1750 (≈ 1750)
Début des travaux du château actuel.
1752-1755
Création des haras royaux
Création des haras royaux
1752-1755 (≈ 1754)
Entreposant jusqu’à 250 chevaux.
1769
Vente du château
Vente du château
1769 (≈ 1769)
Fin de la propriété du marquis.
fin XVIIe siècle
Construction de la première demeure
Construction de la première demeure
fin XVIIe siècle (≈ 1795)
Par Antoine Lemoyne, prêtre docteur.
1850
Fête internationale des chorales
Fête internationale des chorales
1850 (≈ 1850)
25 000 auditeurs pour 2 000 choristes.
1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1996 (≈ 1996)
Protection totale du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Jardin (cad. AU 5) : classement par arrêté du 9 juin 1971 - Château (cad. AU 93) : classement par arrêté du 18 juillet 1996
Personnages clés
| Marc-René d’Argenson, marquis de Voyer - Propriétaire et mécène |
Commanditaire des travaux au XVIIIe. |
| Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne - Architecte du château |
Auteur du plan en Z. |
| Nicolas Pineau - Décorateur rocaille |
Ornements intérieurs disparus. |
| Guillaume II Coustou - Sculpteur |
Auteur des œuvres du château. |
| Claude-Henri Watelet - Collectionneur et graveur |
Résident célèbre du château. |
| Jacques Offenbach - Compositeur |
Mentionne le bal d’Asnières. |
Origine et histoire
Le château d’Asnières, situé à Asnières-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, fut érigé au XVIIIe siècle à l’emplacement d’une demeure antérieure construite à la fin du XVIIe siècle par Antoine Lemoyne, prêtre docteur en Sorbonne. Sous la Régence, il appartint à la marquise de Parabère, maîtresse du Régent, avant d’être acquis en 1750 par le marquis Marc-René d’Argenson de Voyer. Ce dernier en fit un domaine somptueux, rivalisant avec les résidences voisines des ducs de Richelieu et de Choiseul.
Le marquis de Voyer rassembla les meilleurs artistes de l’époque pour embellir le château : Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour l’architecture, Nicolas Pineau pour les ornements, et Guillaume II Coustou pour les sculptures. Le domaine abritait également l’entrepôt général des haras d’Asnières, capable d’accueillir 250 chevaux, et une galerie de peintures flamandes et hollandaises. Le château devint un symbole de prestige, avec des décors intérieurs rocaille aujourd’hui partiellement dispersés, comme ceux du salon central, visibles au château de Cliveden House en Angleterre.
En 1750, le domaine fut agrandi par le marquis via des acquisitions forcées, incluant une partie de l’église Sainte-Geneviève pour en faire une chapelle privée. Le château, relié aux haras par une allée majestueuse, fut le théâtre de fêtes fastueuses au XIXe siècle, comme le bal d’Asnières, immortalisé dans La Vie parisienne d’Offenbach. Après avoir servi de lieu de divertissement pour la bourgeoisie parisienne, il abritera des institutions religieuses jusqu’en 1976, avant d’être restauré et classé Monument Historique en 1996.
Le château d’Asnières influença des constructions ultérieures, comme l’hôtel Porgès à Paris (1892) ou The Elms à Newport (États-Unis, 1901). Aujourd’hui, il abrite le siège de la Fédération Française des Échecs. Les haras, passés sous contrôle royal en 1764, furent démolis entre 1812 et 1835. Le jardin, classé en 1971, et le square Voyer-d’Argenson sont les derniers vestiges du parc d’origine.
Parmi les anecdotes marquantes, Offenbach mentionne le château dans deux de ses opérettes (La Vie parisienne, Geneviève de Brabant), tandis que des fauteuils estampillés Jean Gourdin, ayant appartenu à Coco Chanel, furent vendus aux enchères en 2018. Le château illustre ainsi l’alliance entre art, pouvoir et vie mondaine, des Lumières au XIXe siècle.