Frise chronologique
1515–1524
Construction du moulin
Construction du moulin
1515–1524 (≈ 1520)
Moulin Renaissance sur base médiévale, cheminée XVIe.
1518–1535
Édification du château
Édification du château
1518–1535 (≈ 1527)
Commandé par Galiot de Genouillac, style Renaissance.
1537
Construction du colombier
Construction du colombier
1537 (≈ 1537)
Colombier seigneurial à 2500 boulins, inscrit MH.
1546
Mort de Galiot de Genouillac
Mort de Galiot de Genouillac
1546 (≈ 1546)
Héritage à sa fille Jeanne de Crussol.
1768
Vente des matériaux
Vente des matériaux
1768 (≈ 1768)
Démantèlement partiel par le duc d’Uzès.
1901
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1901 (≈ 1901)
Protection de l’aile ouest et des ruines.
1934
Acquisition par l’État
Acquisition par l’État
1934 (≈ 1934)
Début des restaurations et ouverture au public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les restes du château et les parcelles de terrains avoisinantes (cad. H2 388p, 389p, 390p, 391 à 396, 401, 402, 403p, 404 à 408) : classement par arrêté du 2 septembre 1901
Personnages clés
| Jacques Ricard de Genouillac (dit Galiot) - Maître d’artillerie et constructeur |
Commanditaire du château, tacticien sous François Ier. |
| Jeanne de Genouillac - Héritière du château |
Fille de Galiot, épouse de Charles de Crussol. |
| Charles de Crussol - Vicomte d’Uzès |
Époux de Jeanne, famille propriétaire jusqu’au XVIIIe. |
| François-Emmanuel de Crussol (duc d’Uzès) - Dernier propriétaire avant démantèlement |
Vendit les matériaux du château en 1768. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments historiques |
Classa le château en 1841. |
Origine et histoire
Le château d’Assier, situé dans le Lot en Occitanie, fut construit entre 1518 et 1535 par Jacques Ricard de Genouillac, dit Galiot, maître d’artillerie de François Ier. Ce tacticien militaire, célèbre pour ses innovations en artillerie mobile lors des guerres d’Italie et de la bataille de Marignan (1515), érigea ce château sur les fondations d’une forteresse médiévale appartenant à sa famille. Le bâtiment, de plan quadrilatère flanqué de quatre tours rondes, incarnait sa réussite et son statut de grand écuyer de France.
L’édifice, symbole de l’architecture Renaissance en Quercy, intégrait des éléments défensifs (tours à canon) et des décors somptueux : frises sculptées évoquant Hercule et les armes, escalier d’apparat à volées droites, et un pilastre orné de motifs grotesques. Après la mort de Galiot en 1546, sa fille Jeanne, épouse de Charles de Crussol (vicomte d’Uzès), hérita du domaine. Au XVIIIe siècle, le duc d’Uzès vendit une partie des matériaux (1768), réduisant le château à son aile ouest, classée Monument historique dès 1841.
L’aile survivante, avec son portail à loggias et sa statue équestre disparue de Galiot, abrite un musée lapidaire et des salles voûtées. Le moulin adjacent, daté des années 1515–1524, conserve une cheminée du XVIe siècle et des mécanismes de meunerie du XIXe siècle. Acquis par l’État en 1934, le site est aujourd’hui géré par le Centre des monuments nationaux. Les restaurations successives ont permis de préserver ce témoignage unique de la Renaissance quercynoise, aux côtés de Montal ou Cénevières.
Le colombier seigneurial (1537), inscrit en 2005, et la grange de Bargues (1545), ancienne demeure d’un écuyer, complètent l’ensemble. Les décors extérieurs et intérieurs, mêlant ordres antiques (ionique, corinthien), scènes mythologiques et emblèmes militaires, reflètent l’influence de l’école de la Renaissance. Certains éléments, comme des médaillons d’empereurs romains, sont aujourd’hui conservés au Louvre ou au Victoria and Albert Museum.
Classé dès 1901, le château illustre la transition entre les châteaux forts médiévaux et les résidences de plaisance Renaissance. Son histoire reflète aussi les aléas de la conservation patrimoniale : démantèlement partiel au XVIIIe siècle, réutilisation agricole, puis sauvegarde par l’État. Les visites permettent de découvrir son escalier monumental, ses frises sculptées, et les vestiges de son moulin, arrêté en 1914.