Patrimoine classé
En totalité, le château, la chapelle, les serres, la maison du jardinier, les terrasses, le parc et la totalité du bâti situé à l'intérieur du mur de clôture du domaine (y compris ce mur, son portail d'entrée, la grande allée et la maison du gardien) , ainsi que l'oratoire Sainte-Marguerite, à l'exception des bâtiments de la cave viticole ; les façades et toitures des bâtiments de la cave viticole et des logements correspondants ainsi que l'emprise de toutes les parcelles du domaine concernées par la protection (cad. AH 12 à 14, 20 à 38, 40, 41, 43 à 46, 90, 91, la grande allée étant un chemin communal non cadastré ; AI 3) : inscription par arrêté du 19 janvier 2006
Personnages clés
| Pierre Bardou-Job - Industriel, commanditaire initial |
Fondateur de JOB, mort en 1892. |
| Justin Bardou - Fils de Pierre Bardou-Job |
Bénéficiaire du château selon la volonté paternelle. |
| Viggo Dorph-Petersen - Architecte danois |
Concepteur du château et du parc. |
| Famille De Pra - Propriétaires depuis 1973 |
Industriels responsables des récentes polémiques. |
| Pierre Niney - Acteur |
Tournage du *Comte de Monte-Cristo* en 2023. |
Origine et histoire du Château d'Aubiry
Le château d'Aubiry, situé à l’est de Céret (Pyrénées-Orientales), est un édifice de style éclectique néo-baroque érigé entre 1893 et 1904. Commandé par l’industriel Pierre Bardou-Job pour son fils Justin, il fut conçu par l’architecte danois Viggo Dorph-Petersen, installé dans la région. Pierre Bardou-Job, inventeur du papier à cigarettes JOB, mourut en 1892 avant le début des travaux, laissant le projet à son héritier. Le cahier des charges fut finalisé le 16 décembre 1892, marquant le début d’une construction ambitieuse.
Le château, d’une surface habitable de 2 500 m2, s’inscrit dans un parc de cinq hectares agrémenté de jardins à l’anglaise, de serres (attribuées à tort à Gustave Eiffel mais réalisées par les Établissements Guillot-Pelletier en 1907), et d’une décoration intérieure abondante de style art nouveau. Les serres, caractéristiques de l’architecture métallique du début du XXe siècle, comprennent trois dômes vitrés de 16 mètres de haut reliés par des galeries, pour une longueur totale de 108 mètres. Le domaine inclut aussi une chapelle, une maison de jardinier, et un oratoire.
En 1973, le château devint la propriété de la famille De Pra, industrielle originaire de l’Est de la France. Dans les années 2000, il fut au cœur de polémiques liées à des travaux non autorisés (2021-2022), notamment la destruction partielle de son mur d’enceinte classé, malgré une inscription aux monuments historiques depuis 2006. Ces événements, qualifiés de « dossier malheureux » par la DRAC, opposèrent la mairie de Céret, les propriétaires, et l’ASPAHR (Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais).
Le château servit de décor à plusieurs films, dont L’Eau à la bouche (1959) et Le Comte de Monte-Cristo (2024), avec Pierre Niney. En 2021, il accueillit le festival Les Déferlantes Sud de France, malgré des controverses logistiques (accès chaotique, 20 000 festivaliers). L’édition 2022 fut déplacée à Perpignan en raison de ces problèmes. Entre 2024 et 2025, le parc hébergea un événement culturel chinois, Splendeurs de Chine, marqué par des difficultés financières.
Depuis 2006, le château, ses serres, son parc, et ses dépendances (à l’exception des caves viticoles) sont protégés au titre des monuments historiques. Les façades et toitures des caves, ainsi que l’emprise du domaine, sont également couvertes par cette inscription. Le site reste un symbole du patrimoine industriel et architectural de la région, mêlant histoire familiale, art nouveau, et enjeux contemporains de préservation.