Origine et histoire du Château d'Audour
Le château d'Audour, situé à Dompierre-les-Ormes en Saône-et-Loire, est un édifice du 2e quart du XVIIIe siècle. Construit sur un plan rectangulaire entre deux ailes, il est dominé par une tour carrée à l’ouest et entouré de communs à l’est. Le parc, paysagé par le botaniste Philippe de Vilmorin, s’inspire des jardins romantiques, tandis qu’une ancienne pièce d’eau et un canal asséché rappellent les aménagements hydrauliques du XVIIIe siècle. Le château, aujourd’hui propriété privée, ne se visite pas, mais ses façades et toitures sont protégées depuis 1971.
Au XIIIe siècle, un premier château fortifié, composé d’une tour carrée et de fossés, est érigé par la famille de Ris. Après des destructions liées aux conflits entre Charles le Téméraire et Louis XI en 1473, il est reconstruit par Guillaume de Fautrières. Le domaine passe ensuite par alliances successives aux familles de Lestoux, de Damas, puis de Dortan, avant d’être profondément remanié en 1775 par Mathias-Claude de Damas, mousquetaire du roi, selon les plans de l’architecte Jean-Pierre Caristie.
Le château connaît un âge d’or au XIXe siècle sous la famille de Forbin, directeur des musées royaux, accueillant même la Vénus de Milo lors de son transit vers Paris. Philippe de Vilmorin, époux de Mélanie de Gaufridy de Dortan, y crée en 1903 l’Arboretum de Pézanin, tandis que Lamartine en fait une description poétique dans Cours familier de littérature (1862), comparant le site à un « château de Marie Stuart dans un paysage écossais ». Racheté par la commune en 1967 pour éviter sa démolition, il est aujourd’hui entretenu par une propriétaire privée, Claire Beygo.
Les fouilles réalisées lors du creusement du canal d’Audour au XVIIIe siècle ont révélé des objets romains, témoignant d’une occupation ancienne du site. Le château, marqué par des travaux inachevés à la Révolution, conserve des éléments architecturaux des XVIIIe et XIXe siècles, ainsi qu’un parc classé pour son intérêt botanique et paysager. Son histoire reflète les transformations sociales et culturelles de la Bourgogne, des seigneurs médiévaux aux collectionneurs d’art du XIXe siècle.