Origine et histoire du Château d'Aulan
Le château d'Aulan trouve ses origines au XIIe siècle, construit sur un oppidum surplombant la vallée du Toulourenc dans la Drôme. À l’origine propriété des barons de Mévouillon, il fut cédé en 1240 à Hugues du Puy-Montbrun, puis passa entre les mains des familles Montbrun, Baux, et enfin des Dauphins de Viennois. En 1313, il devint un fief pour Rican de l’Espine, avant de rester dans sa descendance jusqu’à l’extinction de la lignée en 1640, avec le mariage d’Isabeau de l’Espine et François-Marie de Suarez.
Au fil des siècles, le château perdit son caractère défensif et subit des transformations majeures. La Révolution française marqua un tournant dramatique : pillé et ruiné, il ne fut sauvé que par son héritage en 1796 à la famille Harouard de Suarez d’Aulan, via le mariage de Marie-Suzanne-Joséphine-Régis Suarez avec Jean-Joseph-Valléry Harouard. Le XXe siècle vit sa restauration à partir de 1933, initiée par Charles Harouard de Suarez d’Aulan, après les dégradations subies pendant la Première Guerre mondiale.
Sur le plan stratégique, le château faisait partie d’un réseau de communication par signaux optiques avec le château de Mévouillon, détruit en 1684 sur ordre de Louis XIV. Son architecture, partiellement préservée, inclut des façades et toitures classées en 1950. À l’intérieur, une Vierge de pitié catalane des XVe–XVIe siècles, acquise en 1933 et classée en 2009, témoigne de son patrimoine artistique.
Le château inspira aussi des figures littéraires : Jean Giono y situa sa nouvelle Promenade de la Mort (1943), tandis que René Char, lié à la Résistance locale, l’évoqua dans son recueil Trois coups sous les arbres (1947). Une pierre tombale gallo-romaine, découverte sur place et scellée dans la cour, ajoute une dimension archéologique au site.
Aujourd’hui, le château d’Aulan incarne à la fois un héritage médiéval dauphinois, une histoire familiale mouvementée et un lieu de mémoire culturelle, entre architecture militaire, art sacré et littérature. Sa localisation à Aulan (Drôme), dans les Baronnies provençales, en fait un témoin des dynamiques historiques de la région.