Origine et histoire du Château d'Aunay-en-Bazois
Le château d'Aunay-en-Bazois trouve ses origines dans une forteresse médiévale, appelée « haut-fort », édifiée à la fin du XVe siècle. Ce premier édifice fut partiellement détruit pendant les guerres de religion, tandis que le « bas-fort », plus ancien, disparut entièrement. Au XVIe siècle, la structure fut reconvertie en château d’agrément, puis profondément remaniée aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les travaux menés au début du XVIIe siècle, notamment par Jacques-Louis de Mesgrigny, gendre de Vauban, effacèrent presque entièrement son aspect militaire d’origine. Le corps central reliant les tours ouest fut ajouté pour Charles de Mesgrigny, petit-fils du célèbre ingénieur, tandis que les communs, datés du XVIIe siècle, furent réaménagés vers 1780.
Le fief d’Aunay appartint longtemps à la famille Pioche, avant de passer aux Mesgrigny d’Aunay en 1679, lorsque Charlotte Le Prestre, fille aînée de Vauban, épousa Jacques-Louis de Mesgrigny. Leur descendance, les Le Peletier d’Aunay, conserva le domaine jusqu’en 1963. Le château, protégé au titre des monuments historiques depuis 1988, conserve des éléments défensifs comme les rainures du pont-levis ou les fossés, ainsi que des décors intérieurs remarquables (boiseries, lambris, tapisseries). La cuisine voûtée et une fenêtre médiévale subsistent comme témoignages de la construction originale.
La grande cour, encadrée par des communs du XVIIe siècle servant d’orangerie, accueille chaque année une présentation d’orangers bicentenaires. À l’intérieur, la cour intérieure s’ouvre par deux portails surmontés de frontons brisés, menant à une loggia sur trompe. L’architecture mêle ainsi héritage médiéval et classicisme, avec des façades percées de baies à petits carreaux et des toits d’ardoise. Bien que le château ne se visite pas, son histoire reste liée à des figures majeures comme Vauban, dont la famille marqua profondément les lieux.