Frise chronologique
1028
Première mention écrite
Première mention écrite
1028 (≈ 1028)
Castellum cité dans les archives.
1070
Vente à Barcelone
Vente à Barcelone
1070 (≈ 1070)
Rangarde de Carcassonne le cède à Raymond.
fin Xe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin Xe siècle (≈ 1095)
Édifié par les comtes de Carcassonne.
1210
Croisade albigeoise
Croisade albigeoise
1210 (≈ 1210)
Famille d’Auriac résiste à Simon de Montfort.
1227
Restitution à Narbonne
Restitution à Narbonne
1227 (≈ 1227)
Bulle papale rend le château à l’archevêque.
1258
Traité de Corbeil
Traité de Corbeil
1258 (≈ 1258)
Perte d’importance stratégique.
XVe siècle
Restauration gothique
Restauration gothique
XVe siècle (≈ 1550)
Travaux menés par les Pompadour.
1948
Classement MH
Classement MH
1948 (≈ 1948)
Inscription des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) (cad. B 36, 49) : inscription par arrêté du 10 avril 1948
Personnages clés
| Charles II le Chauve - Roi des Francs |
Confia le territoire en 865. |
| Rangarde de Carcassonne - Comtesse |
Vendit le château en 1070. |
| Simon de Montfort - Chef croisé |
Usurpa les revenus vers 1210. |
| Bertrand d’Auriac - Seigneur local |
Coseigneur avec l’archevêque (XIIIe). |
| Hélie de Pompadour - Seigneur restaurateur |
Rénova le château (XVe siècle). |
| Raymonde d’Auriac - Héritière |
Épouse d’Hélie de Pompadour. |
Origine et histoire
Le château d'Auriac, mentionné dès 1028, fut construit à la fin du Xe siècle sur un territoire initialement confié en 865 par Charles II le Chauve aux comtes de Carcassonne. Ce site stratégique, situé sur un éperon rocheux des Corbières, contrôlait les voies entre les vallées du Verdouble et de l’Orbieu, ainsi que les ressources minières exploitées depuis l’époque romaine. En 1070, la comtesse Rangarde de Carcassonne le vend à Raymond, comte de Barcelone, marquant son importance dans les rivalités féodales.
Au XIIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains en raison des conflits entre les comtes de Toulouse et de Barcelone, ainsi que des alliances mouvantes des vicomtes de Carcassonne (maison Trencavel). Pendant la croisade albigeoise (vers 1210), la famille d’Auriac, soutenue par l’archevêque de Narbonne, résista aux empiètements de Simon de Montfort. En 1227, une bulle papale confirma la restitution du château à l’archevêque, après des usurpations par les vassaux de Montfort.
Le traité de Corbeil (1258) entre Louis IX et Jacques Ier d’Aragon déplaça la frontière vers le sud, réduisant l’importance stratégique d’Auriac. Au XVe siècle, la branche cadette des Pompadour, alliée par mariage aux d’Auriac, restaura partiellement le château. Hélie de Pompadour et son épouse Raymonde, petite-fille des seigneurs locaux, y introduisirent des éléments gothiques. Les ruines, classées en 1948, témoignent aujourd’hui de son double rôle : forteresse frontière et résidence seigneuriale.
Architecturalement, le château se composait de deux enceintes concentriques, dominées par un donjon nord aujourd’hui effondré. Le logis roman, remanié au XVe siècle, était le joyau de l’ensemble, tandis qu’une chapelle bordait un ravin où une cascade, la plus haute des Corbières, se jetait dans l’Orbieu. Les défenses sud, organisées en chicane avec une tour carrée à trois niveaux, contrastent avec l’absence de fortifications côté nord, protégé par des falaises naturelles.
Le déclin d’Auriac s’amorça après le traité de Corbeil. En 1263, les biens de Bertrand d’Auriac furent saisis, et sa veuve Béranguière en hérita pour rembourser sa dot. La carte de Cassini (XVIIIe siècle) le décrit déjà comme ruiné. Son inscription aux Monuments Historiques en 1948 sauva ses vestiges, aujourd’hui propriété mixte (État et commune), mais fermés à la visite. Les fouilles et archives (bulles papales, compoix de 1747) éclairent son histoire mouvementée, liée aux luttes pour le contrôle du Termenès.