Origine et histoire du Château d'Aurouze
Le château d'Aurouze, situé dans le Cantal à Molompize, fut construit à partir de 1309 par Bertrand de Rochefort d'Aurouze, avec l'autorisation de Philippe le Bel. Ce château fort, aujourd'hui en ruines, surplombe le village et conserve des traces de son architecture médiévale : façade élancée, fenêtres à meneaux, donjon et tourelle. Il était le centre d'un domaine seigneurial lié aux familles Rochefort, Courcelles et Bouillé, avec des blasons encore visibles il y a cinquante ans.
Au XIVe siècle, le château fut la proie d'Aymerigot Marchès, un chef de bande au service des Anglais, qui en fit son repaire en 1383 avant de le vendre à Jean III d'Armagnac. Ce dernier le concéda à Jean de Courcelles, dont les descendants, comme Louis II (bailli des Montagnes d'Auvergne sous Charles VII), marquèrent son histoire. Le château changea plusieurs fois de mains, notamment via des mariages ou des confiscations royales, comme celle de Louis XI en 1476 au profit de Jean d’Urfé.
Les Bouillé, famille noble d’Auvergne, en devinrent propriétaires au XVe siècle par le mariage d’Anne d’Urfé avec Gaspard de Bouillé. Le château, pillé pendant la Révolution, fut finalement inscrit aux monuments historiques en 1972 et son site classé en 1968. Ses vestiges, incluant une salle hexagonale voûtée et des frises héraldiques, témoignent de son passé seigneurial et des conflits qui l’ont traversé.
Architecturalement, le château présentait un plan rectangulaire flanqué de quatre tours, dont une servait de donjon et une autre abritait un escalier à vis. La façade sud, partiellement conservée, montre des fenêtres à croisillons et une terrasse en éperon. La salle du donjon, couverte de voûtes ogivales, arborait des blasons des familles Rochefort, Courcelles et Orlhac, symboles des alliances et des pouvoirs locaux.
Son histoire reflète les luttes féodales et les stratégies matrimoniales de la noblesse auvergnate. Passé entre les mains des Lastic, des Armagnac, des Courcelles et des Bouillé, il illustre aussi les ravages des guerres (guerre de Cent Ans, Révolution) et les reconstructions successives. Son classement tardif au XXe siècle souligne son importance patrimoniale, malgré son état de ruine.