Frise chronologique
vers 1600
Construction de la maison forte
Construction de la maison forte
vers 1600 (≈ 1600)
Par Jean Blaise de Mauléon, capitaine du duc.
1742
Achat par Gondrecourt
Achat par Gondrecourt
1742 (≈ 1742)
Transformation en château style Louis XV.
10 février 1757
Érection en comté
Érection en comté
10 février 1757 (≈ 1757)
Par Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine.
1793
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1793 (≈ 1793)
Acquis par Jean-Claude Cherrier.
6 juin 1918
QG de la Royal Air Force
QG de la Royal Air Force
6 juin 1918 (≈ 1918)
Pendant la Première Guerre mondiale.
12 décembre 1991
Classement Monument historique
Classement Monument historique
12 décembre 1991 (≈ 1991)
Salon de compagnie et ensemble du domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château constituant un ensemble enclos de murs et comprenant : bâtiment principal de plan en L et les dépendances, avec la cour pavée à l'ouest du bâtiment principal et la terrasse à l'est ; murs terrassant l'ensemble bâti au sud, ainsi que l'escalier accolé à ce mur ; ensemble des jardins et les pièces d'eau, la fabrique et la glacière au sud et à l'est du château (cad. AB 133 à 136, 156 à 158) : inscription par arrêté du 12 décembre 1991 ; Salon dit de compagnie, avec son décor (cad. AB 133) : classement par arrêté du 12 décembre 1991
Personnages clés
| Jean Blaise de Mauléon - Capitaine des gardes du duc Charles III |
Constructeur de la maison forte vers 1600. |
| Antoine de Gondrecourt - Comte et propriétaire en 1742 |
Rebâtit le château en style Louis XV. |
| Stanislas Leszczynski - Duc de Lorraine |
Élève Autigny au rang de comté. |
| Aimé Marie Gaspard de Clermont-Tonnerre - Ministre de la Guerre |
Y passe son enfance au XVIIIe siècle. |
| Jean-Claude Cherrier - Premier sous-préfet de Neufchâteau |
Acheteur du château en 1793. |
| George VI (futur roi) - Duc d’York en 1918 |
Visite le QG de la RAF. |
Origine et histoire
Le château d’Autigny trouve ses origines dans une maison forte construite vers 1600 par Jean Blaise de Mauléon, capitaine des gardes du duc Charles III de Lorraine. Ce dernier, bailli de Toul et sénéchal du Barrois, reçoit le fief d’Autigny en dot via son épouse Antoinette du Châtelet. La seigneurie reste dans la famille Mauléon jusqu’en 1711, date à laquelle elle passe aux comtes de Kinigh, puis en 1742 au comte Antoine de Gondrecourt, qui érige l’actuel château en 1748 dans un style Louis XV. Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine, élève Autigny au rang de comté en 1757.
Durant la Révolution française, le château est vendu comme bien national en 1793 et acquis par Jean-Claude Cherrier, premier sous-préfet de Neufchâteau. Au XIXe siècle, il passe entre les mains des familles Panichot et Ponlevoy. En 1918, pendant la Première Guerre mondiale, il abrite le quartier général de la Royal Air Force, accueillant même une visite du futur roi George VI. Le salon de compagnie, orné d’un papier peint panoramique du début du XIXe siècle, est classé Monument historique en 1991, tout comme l’ensemble du domaine.
Architecturalement, le château conserve du portail Renaissance et des tours de la maison forte originelle, intégrées dans une cour d’honneur pavée et un parc de deux hectares. Ce dernier comprend un escalier à double révolution, un nymphée inspiré de Gerbéviller, et des fabriques de jardin comme une glacière ou une pièce d’eau évoquant le Canope de la villa d’Hadrien. L’intérieur, partiellement visitable, révèle des décors du XVIIIe siècle, dont des boiseries, un poêle en faïence de Toul, et des portraits de figures royales comme Louis XV ou Marie Leszczynska.
La famille de Mauléon, première propriétaire, marque l’histoire du lieu avec des alliances stratégiques, comme celle de Jean-Blaise de Mauléon avec Antoinette du Châtelet. Plus tard, le comte de Gondrecourt transforme radicalement la demeure, tandis qu’Aimé Marie Gaspard de Clermont-Tonnerre, ministre de la Guerre et lieutenant général, y passe son enfance. Ces strates historiques, de la Lorraine ducale à la France révolutionnaire, font du château un symbole des mutations politiques et artistiques de la région.