Origine et histoire du Château d'Auvers
Le château d'Auvers, aussi appelé château de Leyrit, fut construit en 1635 par le banquier italien Zanobi Lioni, proche de Marie de Médicis. Ce pavillon à l’italienne, transformé en château à la française à la fin du XVIIe siècle par Jean de Leyrit, conseiller du Roi et trésorier général, devint un fief en 1668. Les modifications architecturales, comme l’ajout de deux pavillons au XVIIIe siècle, reflètent son évolution sous différentes familles nobles, dont les d'Espremenil et le prince Louis François de Bourbon-Conti.
Au XIXe siècle, le château se dégrade avant d’inspirer Vincent van Gogh en 1890 pour son tableau Le château d’Auvers au coucher du soleil. Rachat en 1987 par le conseil général du Val-d’Oise, il est restauré et classé monument historique en 1997. Ses façades, son parc à la française (reconstitué d’après des gravures du XVIIIe siècle), et ses jardins avec fontaines et broderies de buis sont protégés. Le site rouvre en 1994 comme centre d’interprétation de l’impressionnisme.
De 1994 à 2017, le château propose un parcours-spectacle immersif, Voyage au Temps des Impressionnistes, mêlant projections, décors reconstitués et musiques pour plonger les visiteurs dans la société du XIXe siècle. Ce projet, traduit en neuf langues, met en lumière le rôle d’Auvers-sur-Oise comme berceau de l’impressionnisme, fréquenté par Daubigny, Corot, Pissarro, Cézanne et Van Gogh. Le succès repose sur une scénographie innovante, inspirée des techniques de la Cité Ciné à la Villette, et une déclinaison thématique dans les jardins.
Depuis 2017, le château abrite une exposition permanente, Vision impressionniste, utilisant le numérique pour explorer le mouvement, de ses origines à son héritage contemporain. Le site organise aussi des événements annuels comme la Nuit des musées, les Rendez-vous aux jardins et les Journées européennes du Patrimoine. Ces initiatives renforcent son ancrage culturel et touristique, en lien avec d’autres lieux emblématiques comme Giverny ou l’auberge Ravoux.
Architecturalement, le château conserve une façade nord de style Louis XIII, tandis que sa façade sud et ses jardins ont été redessinés selon des sources historiques. Le domaine inclut des grottes, un nymphée marqué du monogramme du prince de Conti, et des communs construits au XIXe siècle. Aujourd’hui propriété partagée (département et société privée), il reste un témoignage des transformations artistiques et sociales des XVIIe–XIXe siècles.