Origine et histoire du Château d'Auxances
Le château d'Auxances, situé à Migné-Auxances dans la Vienne (Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines au XIe siècle avec la construction d’un premier donjon carré entouré de douves, destiné à protéger le gué sur la rivière Auxance. Ce site stratégique, mentionné dès l’époque gallo-romaine sous le nom de Magnacum, devient au fil des siècles un lieu de pouvoir et de conflits, notamment lors des guerres de Religion en 1568, où il est le théâtre d’un affrontement entre les troupes royales et les protestants de l’amiral de Coligny, faisant 200 morts.
Au XIVe et XVe siècles, le château est remanié et agrandi, reflétant son importance dans la seigneurie locale. En 1471, les terres d’Auxances sont intégrées aux possessions du chambellan du roi Louis XI, consolidant son statut. La famille de Raze, propriétaire aux XVIIe et XVIIIe siècles, marque également son histoire, comme en témoignent les armoiries communales inspirées des leurs. Le monument, profondément modifié au XXe siècle lors de sa transformation en couvent, conserve néanmoins son donjon classé Monument Historique depuis 1994, tandis que le reste du château est inscrit depuis 1927.
Le château est aussi lié à des figures historiques comme Henri Coandă, pionnier de l’aéronautique et propriétaire des lieux de 1941 à 1957, qui y laisse un christ en croix encore visible dans l’église locale. Son architecture et son emplacement, dominant la vallée de l’Auxance, en font un témoin des évolutions militaires et sociales de la région, des conflits médiévaux aux réquisitions modernes, comme lors de la Seconde Guerre mondiale, où les carrières voisines des Lourdines servent de lieu de torture et d’exécution pour des résistants en 1944.
Les fouilles archéologiques aux alentours ont révélé des traces d’occupation humaine remontant à 300 000 ans av. J.-C. (outils acheuléens), ainsi que des vestiges gallo-romains et mérovingiens, comme des sarcophages taillés dans le calcaire local. La rivière Auxance, dont le nom dérive d’un vocable franque désignant un lieu planté d’aliziers, et les carrières des Lourdines — sources de pierres pour des monuments comme la préfecture de Poitiers — complètent ce patrimoine riche, mêlant histoire militaire, religieuse et géologique.
Enfin, le château est indissociable de légendes locales, comme l’apparition d’une croix lumineuse en 1826, prédite sept ans plus tôt par l’abbé Souffrant et observée par 2 000 personnes. Cet événement, controversé mais marquant, illustre l’ancrage spirituel du site, entre héritage médiéval et récits populaires, tandis que les modifications du XXe siècle rappellent son adaptation aux besoins contemporains, entre préservation et transformation.