Origine et histoire du Château d'Avezan
Le château d’Avezan, construit vers 1230 dans le Gers, est un exemple emblématique de l’architecture castrale gasconne. Érigé sur les vestiges d’un édifice antérieur, il intégrait initialement un donjon-salle aux murs épais, reposant sur une salle voûtée. Ce premier corps, dépourvu d’ouvertures au rez-de-chaussée, était accessible par une porte haute et un escalier amovible, reflétant les techniques défensives médiévales. Les étages supérieurs, percés de mirandes (galeries extérieures) et de meurtrières, étaient desservis par un chemin de ronde, illustrant l’adaptation aux besoins militaires de l’époque.
Au XVIIe siècle, le château subit des transformations majeures avec l’ajout d’un corps occidental et des aménagements intérieurs (escaliers droits, pièces d’habitation, peintures). Ces travaux, poursuivis au XVIIIe siècle, modernisèrent l’édifice tout en préservant ses caractéristiques médiévales. Le site, propriété des vicomtes de Lomagne, fut cédé en 1285 à Sanche-Garcie de Manas, marquant son ancrage dans l’histoire féodale locale. Classé Monument Historique en 1984, il est aujourd’hui restauré par Frédéric et Anne-Claire Joachim, qui en ont fait un lieu dédié à l’art et à la culture depuis 2022.
Le château incarne les évolutions architecturales et sociales de la Gascogne, passant d’une forteresse médiévale à une résidence seigneuriale, puis à un patrimoine culturel contemporain. Ses trois campagnes de construction (XIIIe, XVe, XVIIe–XVIIIe siècles) témoignent de son adaptation aux contextes politiques et esthétiques successifs, tout en conservant des éléments défensifs caractéristiques comme les mirandes et les meurtrières. Son inscription au titre des monuments historiques souligne sa valeur patrimoniale, tant pour son histoire que pour son architecture hybride.
Les sources historiques, notamment les travaux de Jacques Gardelles et Jean-Henri Ducos, soulignent son rôle dans le Lectourois, une région marquée par les conflits féodaux et les alliances seigneuriales. Le donjon initial, doublé ultérieurement d’un bâtiment secondaire, reflète les techniques de construction gasconnes, où la salle voûtée servait à la fois de soubassement et de réserve. Les transformations des XVIIe et XVIIIe siècles, avec l’ajout de tours et d’escaliers, répondirent aux nouveaux besoins de confort et de représentation des élites locales.