Frise chronologique
1636
Origines du mas de Sommeyre
Origines du mas de Sommeyre
1636 (≈ 1636)
Construction d’une tour de guet et de chapelles.
1720
Acquisition par Jeanne d’Arlatan
Acquisition par Jeanne d’Arlatan
1720 (≈ 1720)
Transformation en château par son fils.
1811
Rachat par le général de Miollis
Rachat par le général de Miollis
1811 (≈ 1811)
Travaux et cadran solaire daté de 1813.
1893
Acquisition par Louis Prat-Noilly
Acquisition par Louis Prat-Noilly
1893 (≈ 1893)
Restructuration complète du domaine.
1895-1900
Modernisation technique
Modernisation technique
1895-1900 (≈ 1898)
Électricité, chauffage, réseau hydraulique installé.
2003
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2003 (≈ 2003)
Protection totale du domaine et de ses dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité, le domaine du château comprenant le château et tout son décor meuble et immeuble, ainsi que le parc en totalité, avec le portail d'entrée, l'allée d'accès et l'ensemble des dépendances en totalité, à savoir : la maison blanche, la serre, le bâtiment de la chaufferie et de la remise aux automobiles, la station de pompage avec l'abri des accumulateurs, le château d'eau, le bâtiment des lavoirs, les bassins de décantation ainsi que les roubines de la Ballarine et du Porte-eau et tous les autres éléments constituant le parc (cad. F 101 -prise d'eau, roubine-, 117 -le château-, 120 -l'allée d'accès-, 122 -la prairie-, 124 -la station de pompage-, 126 -les bassins de décantation-, 127 -parc-, 128 -le château d'eau-, 129 - parc-, 131 -la roubine de la Ballarine-, 364, 366, 368, 370, 372 -parc-, 376 -serre-, 377 -la maison blanche-, 378, 379, 381 -parc-, 382 -parc et le portail d'entrée-, 384, 386, 388 -la chaufferie-, 389 -le porte-eau-) : classement par arrêté du 21 mai 2003
Personnages clés
| Louis Prat-Noilly - Propriétaire et mécène |
Transforma le domaine en 1893, modernisa infrastructures. |
| Auguste Véran - Architecte |
Restructura le château et ses espaces intérieurs. |
| Achille Blanqui - Ébéniste-décorateur |
Réalisa les boiseries et meubles primés. |
| Pierre Goubert - Ingénieur des Ponts et Chaussées |
Conçut le système hydraulique innovant. |
| Joseph François d’Avignon d’Arlatan - Chevalier et propriétaire |
Agrandi le domaine au XVIIIe siècle. |
| Général Sextius Alexandre François de Miollis - Propriétaire et comte d’Empire |
Lança des travaux en 1811. |
Origine et histoire
Le château d’Avignon trouve ses origines au XVIIe siècle avec la construction d’un mas, dit « de Sommeyre », sur une île alluvionnaire du Petit-Rhône. En 1720, Jeanne d’Arlatan acquiert la propriété, qui est transformée en château par son fils, Joseph François d’Avignon d’Arlatan, constituant ainsi le premier périmètre du domaine. Ce dernier reste dans la famille jusqu’en 1803, avant de passer entre les mains de divers propriétaires, dont le général de Miollis en 1811, qui y réalise des travaux.
Au XIXe siècle, le domaine devient le cœur de projets agricoles ambitieux menés par des sociétés comme la Société Civile du Château d’Avignon ou la société Liechtenstein Westphall. Malgré des investissements massifs pour assécher et cultiver les terres camarguaises, ces initiatives échouent partiellement, conduisant à la division du domaine. En 1893, Louis Prat-Noilly, héritier de la maison Noilly-Prat, rachète le château et entreprend une restructuration complète, combinant modernité technique et luxe architectural.
Louis Prat-Noilly fait appel à l’architecte Auguste Véran pour réaménager le château et à l’ébéniste Achille Blanqui pour ses décors intérieurs, tandis que l’ingénieur Pierre Goubert conçoit un système hydraulique innovant. Le domaine, doté d’électricité, de chauffage central et d’un réseau d’eau potable dès 1895, incarne l’idéal hygiéniste et technologique de la fin du XIXe siècle. Les dépendances, comme la chaufferie ou la station de pompage, illustrent cette fusion entre esthétique et fonctionnalité.
Le château et son parc, classés Monuments Historiques en 2003, reflètent une organisation systémique où chaque élément — des roubines aux machines primées lors d’expositions universelles — sert un projet intégré. Après la mort de Louis Prat en 1932, le domaine passe à ses héritiers avant d’être acquis en 1984 par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône. Aujourd’hui, il accueille des expositions artistiques et des événements culturels, perpétuant son rôle de lieu de patrimoine et d’innovation.
Le domaine du château d’Avignon se distingue par son patrimoine technique, incluant une pompe Dumont encore fonctionnelle, un château d’eau en béton armé, et des équipements domestiques d’avant-garde (baignoires Porcher, fourneau Fascio). Ces innovations, couplées à un décor intérieur somptueux, font du site un témoignage unique de l’alliance entre progrès industriel et art de vivre bourgeois à la Belle Époque.
Depuis son ouverture au public, le domaine propose des visites libres et des expositions temporaires, mettant en valeur son histoire et son environnement camarguais. Les artistes contemporains y trouvent une source d’inspiration, comme en attestent les biennales et festivals organisés sur place, tels que les Suds d’Arles ou Envies Rhônements.