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Château d'Eaucourt-sur-Somme dans la Somme

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château d'Eaucourt-sur-Somme

  • 5 Route d'Eaucourt
  • 80580 Eaucourt-sur-Somme
Château dEaucourt-sur-Somme
Château dEaucourt-sur-Somme
Château dEaucourt-sur-Somme
Château dEaucourt-sur-Somme
Château dEaucourt-sur-Somme
80580 Eaucourt-sur-Somme, 5 Route d'Eaucourt

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1900
2000
1301
Première mention écrite
1358
Premier démantèlement
1420–1421
Conflits franco-bourguignons
1436
Reconstruction par Jean d'Eaucourt
1589
Démantèlement définitif
1983
Fondation de l’A.R.Ch.E.
2015
Fouilles archéologiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Marguerite de Picquigny - Fondatrice de la chapelle Épouse de Mathieu de Roye, à l’origine de Sainte-Marguerite.
Philippe Auguste - Roi de France (1180–1223) Inspira la construction de places fortes en Ponthieu.
Jacques d’Harcourt - Gouverneur du Crotoy Reprit le château aux Anglo-Bourguignons en 1421.
Jean d’Eaucourt - Seigneur et reconstructeur Rebâtit le château en 1436 après les destructions.
Pierre Renaud de Vignolles - Chef militaire (frère de La Hire) Pilla le château et mit le seigneur à rançon (1440).
Damien Maupin - Fondateur de l’A.R.Ch.E. Lança les restaurations en 1983 et développa le site.

Origine et histoire du Château d'Eaucourt-sur-Somme

Le château d'Eaucourt-sur-Somme, mentionné dès 1301 sous le nom Aqua curte (« le fleuve exigu »), fut probablement édifié au XIIIe siècle par les seigneurs de la Ferté, en réponse à la politique défensive de Philippe Auguste (1165–1223). Sa chapelle Sainte-Marguerite, fondée par Marguerite de Picquigny, épouse de Mathieu de Roye, atteste de son importance seigneuriale et religieuse. Le site, stratégique dans le Ponthieu, fut démoli en 1358 par les troupes d'Abbeville pour empêcher son occupation par les Navarrois et les Anglais, avant d’être reconstruit.

Au XVe siècle, le château changea plusieurs fois de mains lors des conflits franco-anglais et bourguignons. En 1420, Simon de Boulainvilliers en était capitaine avant de le céder à Jacques d’Harcourt, gouverneur du Crotoy. Pris par les Anglo-Bourguignons en 1421, il fut repris par les Dauphinois, puis incendié par Philippe le Bon en 1421. Reconstruit en 1436 par Jean d’Eaucourt, il subit un nouveau pillage en 1440 par Pierre Renaud de Vignolles, frère bâtard de La Hire. La seigneurie passa ensuite par alliances (Isabelle d’Eaucourt épousant Louis d’Humières en 1499) avant d’être démantelée après les guerres de Ligue (1589).

Abandonné au XVIIIe siècle, le château fut partiellement habité jusqu’en 1779 par François Vaillant, dernier occupant connu. Ses vestiges, encore imposants en 1795 (donjon carré flanqué de trois tours rondes à mâchicoulis, similaire au château de Rambures), se dégradèrent progressivement. En 1983, Damien Maupin fonda l’association A.R.Ch.E. pour restaurer le site, révélant en 2015 une tour polygonale et le logis seigneurial lors de fouilles archéologiques. Depuis, le château, classé Monument Historique en 1926, accueille 15 000 à 17 000 visiteurs annuels grâce à des animations médiévales (savoir-faire artisanaux, fêtes historiques).

Le châtelet d’entrée, unique vestige notable, illustre l’architecture défensive du XVe siècle : arc surbaissé, pont-levis, mâchicoulis, et salle de garde voûtée d’ogives. Les fossés entouraient une enceinte rectangulaire (40 x 50 m), aujourd’hui réduite à des fondations. Une devise gravée, « Sans Ayde » (référence à un impôt), et un écu martelé ornaient autrefois la porte, symbolisant la résistance seigneuriale. Les fouilles récentes (2015) ont confirmé l’existence d’un logis et d’une tour polygonale, enrichissant la connaissance de ce site clé de la Somme médiévale.

L’association A.R.Ch.E. anime le lieu depuis 1983 via des ateliers pédagogiques (taille de pierre, travail du cuir, forge) et des événements comme le Festival des savoir-faire médiévaux (mai) ou les Rendez-Vous du Fleuve (2014). Ces initiatives, couplées à des chantiers de restauration, ont permis de sauver les vestiges et de les intégrer dans un parcours touristique valorisant la vallée de la Somme. Le château, librement accessible, incarne aujourd’hui un patrimoine vivant, mêlant archéologie, histoire et transmission des techniques anciennes.

Liens externes

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