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Château d'Éguzon-Chantôme à Éguzon-Chantôme dans l'Indre

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château d'Éguzon-Chantôme

  • Rue Georges Amichaud
  • 36270 Eguzon-Chantôme
Propriété d'une société privée
10 Place de la République 36270 Éguzon-Chantôme

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Fondation de la forteresse
1791
Vente à Robin de Scévole
1823
Rachat par Joseph Delacou
1899
Acquisition par Athanase Bassinet
17 mai 1974
Inscription aux Monuments Historiques
2000
Rachat par la commune
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château (vestiges) (cad. AM 39 à 43) : inscription par arrêté du 17 mai 1974

Personnages clés

Denis-Louis-Joseph Robin de Scévole - Acquéreur en 1791 Président du district d’Argenton, acheta le domaine.
François Louis Joseph Robin de Scévole - Héritier et vendeur Revendi le château en 1823.
Athanase Bassinet - Propriétaire-restaurateur (1899–1914) Entrepreneur, sénateur, maire de Chantôme.
Jeanne Régy (née Bassinet) - Dernière propriétaire privée Héritière occupant les lieux au XXe siècle.

Origine et histoire du Château d'Éguzon-Chantôme

Le château d’Éguzon-Chantôme, situé dans l’Indre en région Centre-Val de Loire, trouve ses origines au XIIe siècle comme forteresse médiévale. Fondé comme édifice militaire, il était ceint de douves et de huit tours défensives, dont certaines présentaient des éperons au-dessus des fossés. Les vestiges actuels incluent deux tours conservant leurs toitures, un portail à mâchicoulis (dont le pont-levis fut maçonné ultérieurement), ainsi que des salles de tir réparties sur un à trois étages. Ces éléments illustrent une architecture militaire typique, conçue pour résister aux assièges.

Au XVIIe siècle, le château abritait un ensemble résidentiel et utilitaire : pavillon, corps de logis, écuries, grange et fuye (colombier). Les bâtiments modernes visibles aujourd’hui — un manoir et une bergerie du XVIIIe siècle, ainsi que des communs du XIXe siècle — furent édifiés sur les fondations du chastel du XIIe siècle et du corps de logis du XVe siècle. Des galeries souterraines, non explorées à ce jour, pourraient subsister sous l’enceinte. L’ensemble fut inscrit aux Monuments Historiques en 1974, reconnaissant sa valeur patrimoniale.

La propriété changea plusieurs fois de mains à partir de la Révolution française. En 1791, Martial-César Morel de Fromental et son épouse vendirent le domaine — incluant manoir, étang, métairies, moulins et tuilerie — à Denis-Louis-Joseph Robin de Scévole, président du district d’Argenton. Ce dernier le transmit à son fils, François Louis Joseph Robin de Scévole, qui revendi progressivement les terres et le château en 1823 à Joseph Delacou. La famille Huart, qui en hérita par mariage en 1842, le conserva jusqu’en 1899, date à laquelle Athanase Bassinet, entrepreneur et futur sénateur, l’acquit et entreprit des restaurations.

Au XXe siècle, la famille de Jeanne Régy (née Bassinet) occupa les lieux jusqu’à la vente du château à la commune en 2000. Après restauration, le manoir du XVIIIe siècle accueille désormais la mairie, tandis que les communs abritent le Musée de la Vallée de la Creuse, dédié aux traditions rurales du Sud-Berry entre le XVIIIe et le XXe siècle. Le site valorise ainsi un patrimoine à la fois militaire, seigneurial et ethnographique.

Les vestiges du château, bien que partiellement transformés, témoignent de près de neuf siècles d’histoire, depuis la forteresse médiévale jusqu’à son rôle contemporain comme lieu de mémoire et d’administration locale. Les éléments défensifs (tours, enceintes, mâchicoulis) coexistent avec des ajouts des XVIIe–XIXe siècles, offrant un palimpseste architectural caractéristique des châteaux remaniés au fil des époques.

Liens externes

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