Origine et histoire
Le château d'Entremont, aussi appelé château de Montbel ou des Teppaz, est un ancien château fort du Xe siècle situé à Saint-Pierre-d'Entremont, en Savoie. Ses ruines, perchées à 859 mètres d’altitude, surplombent les gorges du Cozon et du Guiers Vif. Ce site stratégique fut le centre de la seigneurie d’Entremont, possession des seigneurs de Montbel, et un point de tension entre les comtes de Savoie et les dauphins de Viennois.
Au Xe siècle, une motte castrale occupe probablement le site. En 1098, Philippe d’Entremont, seigneur de Montbel, participe à la première croisade et meurt au siège d’Antioche. Son fils, Hugues Ier, puis son petit-fils Guillaume, renforcent le pouvoir familial. Ce dernier, après avoir accompagné Saint Louis à la septième croisade (1248), reconstruit le château de l’Épine pour y abriter une relique : une Sainte Épine de la Couronne du Christ, offerte par le roi.
Le château devient un enjeu politique entre la Savoie et le Dauphiné. En 1234, Guillaume (I) d’Entremont prête hommage au dauphin Guigues VI de Viennois, mais ses héritiers, dont Guillaume (II) et Rodolphe, se soumettent finalement à la Savoie en 1240 et 1263. En 1306, Rollet de Montbel rompt son allégeance savoyarde pour le Dauphiné, provoquant un siège et la destruction partielle du château par Amédée V de Savoie. Les pierres sont réutilisées, et la famille s’installe au château des Éparres, en Dauphiné.
Le site, aujourd’hui en ruines, porte plusieurs noms liés à son histoire ou sa géographie : château de la Roche-Fendue (en raison de sa position méconnue), château de Teppaz (d’après le hameau voisin), ou encore château de Montbel. Ses vestiges rappellent les conflits féodaux qui ont marqué la frontière entre Savoie et Dauphiné, ainsi que le déclin d’une lignée seigneuriale influente.
Les fouilles et études ultérieures soulignent son rôle de place forte avancée, tantôt savoyarde, tantôt dauphinoise. Le château de Saint-Pierre (ou Château-Neuf d’Entremont), construit peu après 1306 par Aymar de Montbel avec l’autorisation du Dauphin, remplace définitivement l’édifice détruit, marquant la fin de son histoire médiévale.