Origine et histoire du Château d'Entrevaux
Le château d'Entrevaux, situé à Saint-Priest en Ardèche (région Auvergne-Rhône-Alpes), est un monument du 2e quart du XVIIe siècle, bien que ses origines remontent potentiellement au XIIe siècle. Construit entre les vallées de l'Ouvèze et de Vaumale, il servait à défendre le château de Privas et l'ancienne route du col de l'Escrinet. Son architecture combine des éléments défensifs médiévaux (murs épais, fossés, tours rondes) et des influences Renaissance italienne, comme en témoignent ses larges ouvertures et son décor intérieur.
Au XVe siècle, le château aurait été assiégé et pillé par des routiers, qui attaquèrent ensuite le monastère Saint-Michel. Son rôle fut plus marqué lors des guerres de Religion, notamment pendant le siège de Privas (1629). Le protestant René de Bénéfice de Cheylus, sieur d'Entrevaux, y capitula face à Louis XIII. Le château abritta alors Richelieu et le comte de Soissons, qui y organisèrent le siège de la ville. Après la victoire royale, Richelieu ordonna sa destruction, mais seules les tours furent écrasées.
L'édifice, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1970, conserve des pièces remarquables comme la chambre de Richelieu ou la salle des Chevaliers. Ses murs en pierre volcanique, épais de 80 cm, et ses quatre tours arasées illustrent son passé militaire. Malgré des remaniements (notamment au XVIe siècle pour adapter la façade sud aux canons), son intérieur, protégé par l'épaisseur des murs, resta peu modifié. Aujourd'hui, il témoigne de l'évolution architecturale des demeures seigneuriales du Vivarais, entre forteresse médiévale et résidence Renaissance.
Le château primitif, peut-être doté de hourds, n'est attesté par aucun document d.archive, mais des traces architecturales suggèrent une origine plus ancienne. Au début du XVIe siècle, il fut restauré à la mode italienne, avec l'arrivée d'artisans florentins ou romains qui introduisirent des éléments de confort et des ouvertures plus larges. Les modifications extérieures visaient à renforcer sa défense, comme les murs ajoutés autour de la basse-cour sud.
Après 1629, le château fut réparé à plusieurs reprises, préservant des espaces comme la salle à manger voûtée (restaurée au XVIIIe siècle). Son inscription aux monuments historiques ne couvre que les façades, toitures, et deux pièces du premier étage. Il reste un exemple rare d'architecture seigneuriale vivaroise, mêlant héritage médiéval et adaptations Renaissance, dans un paysage marqué par les conflits religieux.