Origine et histoire
Le château d’Épierre est une ancienne maison forte édifiée au XIIe siècle, reconstruite au XIVe et restaurée aux XVIe–XVIIe siècles. Centre de la seigneurie puis baronnie d’Épierre, il se dresse sur la commune savoyarde du même nom, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Son emplacement stratégique, au nord-est du bourg, lui permettait de contrôler l’étroit passage sur la rivière Arc et l’accès vers le col du Grand Cucheron, axe majeur de circulation en Maurienne.
La maison forte, initialement construite en appareil irrégulier de galets et pierres plates (technique opus spicatum), abritait logis seigneurial, écuries et granges. Le corps principal, daté par dendrochronologie entre 1335 et 1350, présente des fenêtres ogivales trilobées et un corridor éclairé, caractéristiques de l’architecture militaire médiévale. Une vaste basse-cour, autrefois fossoyée, complétait l’ensemble, protégée par une enceinte crénelée et un chemin de ronde.
Au XVe siècle, le château entre dans les possessions de la famille de La Chambre. Urbain de La Chambre en est investi en 1419 par le duc Amédée VIII de Savoie. Le fief passe ensuite aux Seyssel, puis aux Brunet de Montmélian en 1576, avant d’être acquis par les habitants d’Épierre en 1676 pour 27 000 florins, alors déjà en ruine. Le titre de baron, quant à lui, suit une lignée distincte jusqu’à Charles Emmanuel de Ville en 1725.
Le site connaît un regain d’intérêt en 1986 comme décor de la série Guillaume Tell (FR3), où sa cour intérieure est transformée en village médiéval. En 1989, il accueille les célébrations du bicentenaire de la Révolution française et de l’annexion de la Savoie (1860), marquées par l’installation d’un mât aux couleurs savoyardes.
Aujourd’hui, les ruines du château d’Épierre, classées pour leur valeur historique, offrent un témoignage des évolutions architecturales et politiques de la Maurienne, entre Moyen Âge et époque moderne. Leur état actuel reflète les remaniements successifs, bien que les sources manquent pour préciser certaines phases de construction.
Les études historiques s’appuient notamment sur les travaux de Michèle Brocard et Georges Chapier, qui soulignent son rôle dans la hiérarchie féodale savoyarde. Le site, bien que partiellement effacé, reste un marqueur du patrimoine militaire et seigneurial de la vallée.