Frise chronologique
vers 980
Construction de la tour du Voué
Construction de la tour du Voué
vers 980 (≈ 980)
Première forteresse en bois par Thierry Ier.
milieu XIIIe siècle
Château en pierre par Jacques de Lorraine
Château en pierre par Jacques de Lorraine
milieu XIIIe siècle (≈ 1350)
Enceinte polygonale avec donjon résidentiel.
1356
Tremblement de terre de Bâle
Tremblement de terre de Bâle
1356 (≈ 1356)
Fissures dans le donjon révélées.
1465
Siège par Thiébaut de Neufchâtel
Siège par Thiébaut de Neufchâtel
1465 (≈ 1465)
Dégâts majeurs au front nord.
1670
Destruction par Louis XIV
Destruction par Louis XIV
1670 (≈ 1670)
Château rasé après 18 jours.
1804-1827
Jardin romantique de Doublat
Jardin romantique de Doublat
1804-1827 (≈ 1816)
Création du parc et tour chinoise.
1992
Classement monument historique
Classement monument historique
1992 (≈ 1992)
Protection des vestiges et du parc.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges archéologiques échelonnés d'Ouest en Est entre la tour de la Vouerie et les ouvrages de la tour de Lespinoux ; éléments bâtis du XIXe siècle : pavillon chinois, chalet, fabriques, laiterie ; façades et toitures des bâtiments de la ferme (cad. AT 85 à 92 ; AB 672) : classement par arrêté du 26 mai 1992 ; Parc du château (cad. AT 83 à 92, 345) : inscription par arrêté du 26 mai 1992
Personnages clés
| Thierry Ier de Hamelant - Évêque de Metz (965-984) |
Fonda la tour du Voué vers 980. |
| Jacques de Lorraine - Évêque de Metz (XIIIe siècle) |
Constructeur du château en pierre. |
| Thiébaut de Neufchâtel - Maréchal de Bourgogne |
Assiégea Épinal en 1465. |
| Louis XIV - Roi de France |
Ordonna la destruction en 1670. |
| Christophe Doublat - Trésorier général des Vosges |
Créa le jardin paysager (1804-1827). |
| Michel Bur - Archéologue |
Dirigea les fouilles (1984-1992). |
Origine et histoire
Le château d'Épinal, situé sur une éminence gréseuse à 387 m d’altitude, surplombe la vallée de la Moselle et la ville depuis le Xe siècle. Vers l’an mil, Thierry Ier de Hamelant, évêque de Metz, érige une première tour en bois (dite tour du Voué) pour protéger ses terres des incursions bourguignonnes. Ce point stratégique, entouré de palissades, contrôle les vallons d’Ambrail et de Saint-Michel, marquant la naissance de la paroisse Saint-Maurice et du futur bourg d’Épinal.
Au XIIIe siècle, l’évêque Jacques de Lorraine construit un nouveau château en pierre sur l’éperon rocheux, succédant à la forteresse primitive. Ce complexe fortifié, de type enceinte polygonale à Bergfried, intègre un donjon résidentiel, une citerne filtrante, et des bâtiments annexes (arsenal, logis seigneurial, chapelle). Les fouilles des années 1980 ont révélé ces structures, ainsi que des traces du tremblement de terre de Bâle (1356), qui fissura le donjon. Le site, adapté à l’artillerie au XVIe siècle par les ducs de Lorraine, devient un enjeu militaire majeur.
Le château subit de nombreux sièges et destructions, notamment en 1670, lorsque les troupes de Louis XIV le rasent pour punir la résistance lorraine. Les vestiges, partiellement ensevelis, sont réinvestis au XIXe siècle par Christophe Doublat, qui y crée un jardin paysager romantique de 20 hectares, agrémenté d’une tour chinoise (1809) et de fabriques pittoresques. Classé monument historique en 1992, le site allie aujourd’hui ruines médiévales et héritage paysager, symbole identitaire retrouvé après des campagnes archéologiques (1984-1992).
Les fouilles ont exhumé des éléments clés comme le logis du capitaine, le four, ou les canonnières du XVIe siècle, témoignant des adaptations militaires successives. Le donjon, partiellement reconstitué en 1993, culmine à 13 mètres, tandis que le parc, réaménagé entre 2011 et 2013, offre une lecture contemporaine de ce patrimoine hybride, à la fois militaire, aristocratique et romantique.
L’histoire du château reflète les tensions géopolitiques de la Lorraine : des conflits entre évêques de Metz et ducs de Bourgogne (XVe siècle) aux guerres franco-lorraines (XVIIe siècle). Sa destruction systématique en 1670 marque la fin de son rôle stratégique, mais son réinvestissement au XIXe siècle par des notables locaux (Doublat, Brocart) en fait un lieu de mémoire, aujourd’hui ouvert au public et intégré au paysage urbain d’Épinal.