Origine et histoire du Château d'Epiry
Le château d'Epiry est un édifice médiéval implanté sur la commune de Saint-Émiland, en Saône-et-Loire, à flanc de coteau. Il conserve quatre tours rondes datant probablement du XIVe siècle, ainsi qu’un corps de logis du XVe siècle. Ces éléments révèlent un plan polygonal typique des châteaux forts, organisé autour d’une cour centrale. À l’origine, un mur fermait cette cour, remplacé ultérieurement par une grille encadrée de lions de pierre, accessible par un pont franchissant des douves encore visibles. La tour nord-ouest présente trois bretèches en pierre, tandis que la tour sud-est abrite une chapelle du XVe siècle, ornée d’une piscine à décor flamboyant et de vitraux anciens, où fut baptisé Roger de Rabutin.
Le corps de logis médiéval, situé entre les tours, offre une façade sobre à l’extérieur et plus ouvragée côté cour. Un second corps de logis, construit en 1717, ferme la cour à l’est, avec une façade classique marquée par un fronton triangulaire et un oculus. Ce bâtiment prolonge l’aile médiévale et s’étend au-delà des tours, formant une harmonie architecturale entre les époques. Le château, propriété privée, est classé Monument Historique depuis 1975, avec une extension de protection en 2024 couvrant les douves, les grilles, les dépendances et le potager.
Le fief d’Épiry est attesté dès le XIIe siècle sous la domination des seigneurs d’Épiry, apparentés aux familles de Montbard et de Saint-Bernard. À partir du XIVe siècle, la seigneurie passe aux Rabutin, dont le plus célèbre représentant, Roger de Rabutin (1618–1693), écrivain et comte de Bussy, naît au château. En 1648, la veuve de François de Rabutin vend le domaine au comte de la Magdeleine de Ragny, dont les descendants le conservent jusqu’à la Révolution. Rachat en 1800 par la même famille, le château est finalement cédé en 1824 à Antoine Bernard Carrelet de Loisy. Les transformations majeures, comme le corps de logis de 1717, illustrent l’évolution du site entre forteresse médiévale et résidence aristocratique.