Origine et histoire du Château d'Esclignac
Le château d'Esclignac, implanté sur la commune de Monfort dans le Gers (Occitanie), trouve ses origines au XIe siècle, construit sur les vestiges d’une villa gallo-romaine. Il fut successivement la propriété des sires de Preissac, élevés au rang de ducs d’Esclignac avant la Révolution française. Le site, initialement demeure seigneuriale, évolua en un ensemble architectural complexe, reflétant les transformations sociales et politiques de ses propriétaires sur plusieurs siècles.
Au XVe et XVIe siècles, le château fut profondément remanié : Bertrand Ier de Preissac y ajoutait des fenêtres à meneaux en 1485, tandis que Bertrand II et Jean de Preissac complétaient l’édifice avec une tour nord, une tour de pont-levis, et des tours de chai fortifié. Ces modifications illustrent l’adaptation du château aux besoins défensifs et résidentiels de l’époque, tout en intégrant des éléments Renaissance naissante.
La Révolution française marqua un tournant : Charles de Preissac, devenu cousin de Louis XVI par alliance, dut s’exiler, entraînant la vente du château. Sous la Restauration, il revint brièvement à la famille avant d’être cédé aux du Cos de la Hitte, puis aux frères Bogdanoff en 1986. Malgré des tentatives de sauvegarde (financement participatif en 2014, interventions d’associations patrimoniales), le château, abandonné depuis 2021, se dégrade irrémédiablement.
Architecturalement, le château se compose d’un bâtiment rectangulaire flanqué d’un donjon carré et d’une tour circulaire, entouré de dépendances organisées autour de deux cours. Une chapelle extérieure, restaurée au XIXe siècle, témoigne de l’importance religieuse du domaine. L’ensemble, inscrit aux monuments historiques en 2016, incarne aujourd’hui un patrimoine en péril, symbole des défis de la préservation du bâti médiéval.
La localisation du château, en plaine au pied de Monfort sur la route de Fleurance, soulève des questions sur son rôle historique : point de contrôle routier ou résidence seigneuriale isolée ? Les sources mentionnent une précision géographique « a priori satisfaisante » (niveau 6/10), sans détailler son impact stratégique. Son état actuel, qualifié de « très mauvais » par les rapports, alerte sur l’urgence de sa restauration.