Origine et histoire du Château d'Esmyards
Le château d'Esmyards, situé dans la commune de Navour-sur-Grosne (Saône-et-Loire), a été édifié entre 1897 et 1899 par l'architecte René Moreau, à l'emplacement d'un ancien château détruit. L'édifice adopte un style inspiré de Louis XIII, combinant briques et pierres, avec un corps central flanqué de deux pavillons latéraux. Ses intérieurs, notamment les salons, arborent un décor néo-Louis XV, tandis que le domaine inclut un parc paysager, une orangerie, des communs, et un pigeonnier. Ce château est représentatif de l'architecture éclectique de la fin du XIXe siècle, mêlant références historiques et innovations techniques, comme un moteur Gardner pour la production d'électricité, encore présent dans les dépendances.
Le château d'Esmyards a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 22 avril 2003, une protection couvrant non seulement le bâtiment principal (façades, toitures, vestibule, grand escalier, salons), mais aussi ses dépendances : communs, orangerie, pavillon d'entrée et pigeonnier. À la fin du XXe siècle, le domaine appartenait à la comtesse d'Aubigny d'Esmyards, dernière propriétaire mentionnée. Son architecture et son histoire reflètent le goût de l'aristocratie bourguignonne pour les résidences campagnardes alliant confort moderne et esthétique traditionnelle, dans une région alors marquée par une économie encore largement agricole et viticole.
Le parc et les bâtiments annexes, comme l'orangerie ou les communs, illustrent l'importance accordée à l'époque aux espaces de réception et de loisirs dans les propriétés bourgeoises et nobles. Le choix du style Louis XIII, popularisé sous le Second Empire et la Troisième République, témoigne d'une volonté de légitimation historique, tandis que les aménagements techniques (électricité) révèlent une adaptation aux progrès industriels. La localisation à Brandon, aujourd'hui intégrée à Navour-sur-Grosne, place ce château dans un territoire rural, où ces résidences jouaient souvent un rôle social et économique local, bien que les sources ne précisent pas son impact exact sur la communauté.