Origine et histoire du Château d'Esparron
Le château d'Esparron, situé dans le village d’Esparron-de-Pallières (anciennement Esparron jusqu’en 2025) dans le Var, est un édifice emblématique des XVIe et XVIIIe siècles. Il témoigne de l’histoire féodale et des conflits religieux de la région, notamment lors des guerres de Religion, où il fut un enjeu stratégique entre les forces royalistes et les Ligueurs. Le site, perché sur une colline du Haut-Var, reflète l’architecture défensive et résidentielle typique de la Provence intérieure.
À l’origine, le fief d’Esparron appartenait aux vicomtes de Marseille et à la famille des Esparron, avant de passer aux mains des Esclapon au XIVe siècle, puis aux Arcussia au XVe. Charles d’Arcussia, figure majeure du XVIIe siècle, joua un rôle clé lors de la prise du village par les troupes royales en 1591, alors aux mains des Ligueurs opposés à Henri IV. Ce seigneur, proche de la cour (gentilhomme ordinaire du roi Louis XIII), était aussi un théoricien de la chasse au faucon, comme en témoignent ses écrits dédiés à la noblesse.
Le château fut partiellement remodelé au XVIIIe siècle, intégrant des éléments de confort et de décor raffinés, tels que des salons, un escalier en fer forgé, et des chambres à alcôves. Ces aménagements reflètent l’évolution des modes de vie aristocratiques en Provence, entre tradition militaire et art de vivre. L’édifice, classé Monument Historique en 1984 pour ses façades, toitures et intérieurs remarquables, illustre aussi la transition entre forteresse médiévale et résidence seigneuriale.
Le village d’Esparron-de-Pallières, classé en zone sismique faible mais exposé aux feux de forêt, conserve un patrimoine rural marqué par l’oliviculture (huile d’olive de Provence AOC) et une économie locale tournée vers l’agriculture et l’artisanat. Le château, aujourd’hui partiellement ouvert, reste un symbole de l’histoire mouvementée du Haut-Var, entre conflits religieux, alliances nobles et adaptation aux paysages méditerranéens.
Les Arcussia, derniers seigneurs notables, consolidèrent leur pouvoir en rachetant la seigneurie ecclésiastique au chapitre de Grignan en 1673. Leur héritage architectural et culturel, mêlé à l’histoire provençale, fait du château d’Esparron un témoin privilégié des dynamiques sociales et politiques de l’Ancien Régime en Provence-Alpes-Côte d’Azur.