Origine et histoire du Château d'Espeyran
Le château d'Espeyran, situé à Saint-Gilles dans le Gard (Occitanie), s’inscrit dans un domaine de 27 siècles d’histoire, incluant un parc, une réserve archéologique et le Centre national du microfilm. Ce site, classé Monument historique en 2009 et labellisé Maison des Illustres en 2013, fut un comptoir commercial grec dès le VIe siècle av. J.-C., puis une dépendance de l’abbaye de Saint-Gilles au Moyen Âge. Les fouilles archéologiques ont révélé des vestiges romains et protohistoriques, dont un autel antique et des céramiques méditerranéennes.
Au Moyen Âge, le domaine appartenait aux abbés de Saint-Gilles, qui y édifièrent une résidence d’été détruite en 1195 par Raymond VI de Toulouse, en conflit avec l’abbaye. Après la Révolution, le domaine, devenu bien national, fut acquis en 1791 par la famille Sabatier, des industriels montpelliérains. Frédéric Sabatier d’Espeyran, au XIXe siècle, en fit un lieu de villégiature et d’agriculture moderne, aménageant écuries, hippodrome et un château réorganisé par l’architecte Charles Perrier.
Le château actuel, remanié vers 1879 par Guillaume Sabatier d’Espeyran, intègre des éléments néoclassiques (chapelle, salon Louis XVI) et des décors signés des frères Devéria. En 1963, Guy Sabatier d’Espeyran en fit don à l’État pour y installer le dépôt central des microfilms des Archives nationales. Aujourd’hui, le domaine allie conservation patrimoniale, recherches archéologiques et ouverture au public, notamment lors des Journées du Patrimoine.
Les fouilles des années 1960 à 2000, dirigées par des archéologues comme Jean Sablou ou Réjane Roure, ont confirmé l’importance du site comme comptoir grec (Rhodanousia) puis romain, actif jusqu’au IVe siècle. Le domaine abrite aussi des vestiges médiévaux, dont une église Saint-Félix mentionnée en 1119. Les écuries, le bain des chevaux et le parc, protégés depuis 2009, témoignent de son passé agricole et cynégétique.
Depuis 2010, le château développe des projets de valorisation culturelle et environnementale, signant en 2020 la charte des éco-acteurs de la biosphère de Camargue. Son mobilier et ses décors intacts (vitraux de Numa Boucoiran, peintures des Devéria) en font un exemple rare d’architecture et de vie aristocratique du XIXe siècle en Occitanie.