Frise chronologique
1028
Première attestation de la baronnie
Première attestation de la baronnie
1028 (≈ 1028)
Mention écrite de la baronnie d'Estaing.
XVe-XVIIe siècles
Remaniments majeurs
Remaniments majeurs
XVe-XVIIe siècles (≈ 1750)
Transformation en résidence Renaissance et ajouts défensifs.
1750
Découverte des faux parchemins
Découverte des faux parchemins
1750 (≈ 1750)
Archives falsifiées pour prouver une ascendance illustre.
XVe–XVIIe siècles
Transformations majeures
Transformations majeures
XVe–XVIIe siècles (≈ 1750)
Rénovations architecturales du château.
1794
Extinction de la branche aînée
Extinction de la branche aînée
1794 (≈ 1794)
Mort de Charles Henri d'Estaing.
1836
Rachat par les sœurs Saint-Joseph
Rachat par les sœurs Saint-Joseph
1836 (≈ 1836)
Transformation en couvent et pensionnat.
6 janvier 1945
Classement monument historique
Classement monument historique
6 janvier 1945 (≈ 1945)
Protection officielle du château et terrasses.
2005
Rachat par les Giscard d'Estaing
Rachat par les Giscard d'Estaing
2005 (≈ 2005)
Acquisition pour restauration et projet culturel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle Saint-Joseph du château d’Estaing, en totalité, tel que délimité en rouge sur le plan annexé, figurant au cadastre section AB parcelle 390 : inscription par arrêté du 7 août 2018.
Personnages clés
| Charles Henri d'Estaing (1729-1794) - Amiral et dernier héritier direct |
Utilisa les faux parchemins pour son avancement. |
| Joachim d'Estaing (1607-1673) - Seigneur et généalogiste |
Menait des recherches familiales au château. |
| Jean III d'Estaing (décédé en 1621) - Transformateur du château |
Ajouta la terrasse et des décors Renaissance. |
| Valéry Giscard d'Estaing (1926-2020) - Ancien président et propriétaire |
Racheta le château en 2005 pour le restaurer. |
| Lucie Madeleine d'Estaing (1743-1826) - Héritière légitimée |
Récupéra le château après la Révolution. |
| André Boyer - Architecte de la chapelle moderne |
Conçut la chapelle Saint-Joseph en 1930. |
| Joachim d'Estaing - Seigneur et militaire |
Dernier membre connu ayant vécu au château. |
| Charles Henri d'Estaing (1729–1794) - Amiral de France |
Utilisa les faux parchemins pour sa carrière. |
| Valéry Giscard d'Estaing - Ancien président de la République |
Propriétaire depuis 2005, porteur du projet culturel. |
| Charles-François d'Estaing (1683–1746) - Vicomte de Ravel |
Héritier du château en 1732. |
| Lucie Madeleine d'Estaing (1743–1826) - Vicomtesse de Ravel |
Héritière universelle et dernière propriétaire familiale. |
Origine et histoire
Le château d'Estaing, attesté avant le XIIe siècle, était le siège d’une puissante baronnie du Rouergue. Propriété de la famille d’Estaing jusqu’en 1794, il fut profondément remanié aux XVe, XVIe et XVIIe siècles. La branche aînée de la famille s’éteignit avec Charles François d'Estaing en 1729, laissant place à des héritiers moins attachés au domaine. Le château, vendu comme bien national pendant la Révolution, devint un couvent puis un pensionnat pour jeunes filles au XIXe siècle, avant d’être racheté par les sœurs de Saint-Joseph en 1836.
En 1750, la découverte de faux parchemins dans les archives du château prétendait prouver une ascendance prestigieuse (liens avec les rois de Chypre ou de Jérusalem) pour la famille d’Estaing. Ces documents, fabriqués pour légitimer des prétentions nobiliaires, furent utilisés par Charles Henri d’Estaing (1729-1794), amiral célèbre pour son rôle dans la guerre d’indépendance américaine. Après sa mort sans héritier direct, le château changea plusieurs fois de mains, devenant même une maison de retraite pour religieuses après 1945.
Classé Monument Historique en 1945 (à l’exception de la chapelle moderne), le château fut acquis en 2005 par Valéry Giscard d’Estaing, son frère Olivier et leur cousin Philippe. Ce rachat controversé, perçu comme un retour symbolique du patrimoine familial, visait à restaurer le site et à y installer un musée consacré au septennat de l’ancien président. Le château abrite aujourd’hui des salles ouvertes au public, une fondation dédiée à Giscard d’Estaing, et des espaces pour des événements culturels.
Architecturalement, le château mêle un donjon médiéval du XIIIe siècle, un logis Renaissance du XVIe siècle avec des cheminées sculptées, et une chapelle gothique aux décors peints. La terrasse offre une vue sur le confluent du Lot et de la Coussane, tandis que les cours intérieures révèlent des éléments défensifs (faux mâchicoulis, contreforts) et des aménagements seigneuriaux. Les fouilles récentes suggèrent une occupation du site depuis la fin de l’Antiquité, liée à saint Fleuret (Ve siècle).
Parmi les figures marquantes, Joachim d’Estaing (1607-1673) se retira au château pour y mener des recherches généalogiques, tandis que Jean III d’Estaing (décédé en 1621) y entreprit d’importants travaux, comme la terrasse surplombant le village. La chapelle médiévale, dotée de voûtes peintes, côtoie une chapelle moderne construite en 1930 par l’architecte André Boyer pour les religieuses. Le château, symbole du pouvoir seigneurial en Rouergue, incarne aujourd’hui un patrimoine à la fois médiéval, religieux et politique.
Devenir actuel
Le château est ouvert à la visite.