Château d'Estaing dans l'Aveyron

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château d'Estaing

  • Rue du Pont
  • 12190 Estaing
Crédit photo : Christophe.Finot - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Mention initiale
1729
Décès de Charles-François
1793
Reprise du domaine
1929
Consécration de la chapelle
2000
Vente à la commune
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La chapelle Saint-Joseph du château d’Estaing, en totalité, tel que délimité en rouge sur le plan annexé, figurant au cadastre section AB parcelle 390 : inscription par arrêté du 7 août 2018.

Personnages clés

Pierre d'Estaing Cardinal issu de la famille d'Estaing.
François d'Estaing Évêque de Rodez issu de la famille d'Estaing.
Joachim d'Estaing Vicomte d'Estaing, généalogiste et testateur en 1673.
Charles‑François d'Estaing Dernier représentant de la branche aînée, mort en 1729.
Charles Henri d'Estaing Amiral ayant combattu dans la guerre d'indépendance des États-Unis.
Lucie Madeleine d'Estaing Vicomtesse de Ravel, héritière universelle du château.
Valéry Giscard d'Estaing Ancien président de la République française, racheteur du château en 2005.
Victor Causse Sculpteur du buste du chevalier Tristan Dieudonné d'Estaing.

Origine et histoire du Château d'Estaing

La chapelle Saint-Joseph a été édifiée au cours du premier quart du XXe siècle à l'initiative de la congrégation religieuse alors propriétaire du château. L'architecte départemental Boyer transforma des dépendances destinées auparavant au linge en chapelle, en surélevant les murs au-dessus des baies jumelées et en convertissant l'ancien corridor en tribune latérale. La charpente fut réalisée par Fleuret Aygaleng et la chapelle fut consacrée par l'évêque de Rodez le 7 septembre 1929.

Le château d'Estaing se dresse sur un promontoire dominant le village, au confluent du Lot et de la Coussane, dans la commune d'Estaing, département de l'Aveyron, région Occitanie. Il réunit des bâtiments des XIe, XVe, XVIe et XVIIe siècles organisés autour d'une terrasse et d'un ancien donjon carré cantonné de cinq tourelles et coiffé d'une couverture en forme de lanterne. Le pavillon d'entrée, le château et les terrasses ont été classés monuments historiques par décret le 6 janvier 1945, après une première inscription le 5 mars 1928 ; la chapelle Saint-Joseph a fait l'objet d'une inscription par arrêté le 7 août 2018.

La baronnie d'Estaing est attestée en 1028 et le château, mentionné avant le XIIe siècle, relevait des comtes de Rouergue ; l'édifice a été profondément remanié aux XVe, XVIe et XVIIe siècles. Il fut la demeure de l'ancienne famille d'Estaing, qui donna à l'histoire du Rouergue et de la France plusieurs personnages militaires et religieux, parmi lesquels le cardinal Pierre d'Estaing et François, évêque de Rodez. Joachim d'Estaing, devenu vicomte d'Estaing en 1657, s'y retira vers 1660 et y mena des recherches généalogiques ; son testament date de 1673. Charles‑François d'Estaing, dernier représentant de la branche aînée, mourut sans enfant le 10 septembre 1729 ; en 1732 on apposa les scellés sur le château et le cousin Charles‑François d'Estaing, vicomte de Ravel, en devint propriétaire.

En 1750, lors de la levée des scellés après un décès, on découvrit dans les archives un coffre contenant des documents présentés comme preuves de l'antiquité de la maison d'Estaing : un prétendu contrat de mariage de 1192, des actes de baptême et de reconnaissance de parenté attribués à des personnages médiévaux, un cartel de défi daté de 1224 et des plaques de bronze gravées d'un arbre généalogique remontant jusqu'à Roderic, dernier roi des Wisigoths. Il est désormais établi que ces artefacts étaient faux et que leur contenu n'avait pas de vraisemblance.

Le fils unique Charles Henri (1729-1794), qui utilisa ces faux documents pour sa carrière et devint amiral, combattit dans la guerre d'indépendance des États-Unis ; ayant perdu son fils en bas âge, il légitima sa demi-sœur Lucie Madeleine d'Estaing (1743-1826), vicomtesse de Ravel, et l'institua héritière universelle. Pendant la Révolution, le château fut vendu comme bien national ; en 1793 Lucie Madeleine parvint à reprendre possession du domaine, qui fut vendu après sa mort et devint en 1838 un pensionnat pour demoiselles.

En 1836 les religieuses de Saint-Joseph achetèrent le château pour en faire un couvent et un pensionnat, activité qui se poursuivit jusqu'à la vente à la commune d'Estaing en 2000. En février 2005 Valéry Giscard d'Estaing, son frère Olivier et leur cousin Philippe rachetèrent le château, présentant cet achat comme un mécénat destiné à la restauration et à l'ouverture de salles au public, avec une programmation de concerts, de rencontres et de conférences et la volonté d'y installer des archives personnelles. La cession fit l'objet de polémiques : la congrégation avait vendu le château à la commune à un prix jugé inférieur au marché pour le maintenir dans le patrimoine public, puis la municipalité l'a cédé cinq ans plus tard aux Giscard d'Estaing sans appel d'offres ni publicité, suscitant critiques et forte médiatisation. La municipalité justifiait sa décision par la charge de gestion du monument et l'espoir d'accroître son rayonnement grâce à la notoriété des nouveaux propriétaires.

Un buste du chevalier Tristan Dieudonné d'Estaing, œuvre de Victor Causse, fut exhumé en 2013 d'une maison de Fijaguet et remis à la fondation Valéry‑Giscard‑d'Estaing le 5 juillet 2014 ; il est désormais exposé au château, siège de la fondation depuis 2012.

Architecturalement, le château présente des volumes de hauteurs diverses, plusieurs corps de logis des XVe‑XVIIe siècles organisés autour du donjon et d'une terrasse qui domine le Lot ; une chapelle bâtie au XXe siècle jouxte la chapelle seigneuriale du XVe siècle.

Devenir actuel

Le château est ouvert à la visite.

Liens externes