Frise chronologique
911
Origines normandes
Origines normandes
911 (≈ 911)
Rollon reçoit la Normandie ; Bernard le Danois obtient Harcourt.
XIIe siècle (vers 1175)
Construction du donjon
Construction du donjon
XIIe siècle (vers 1175) (≈ 1250)
Robert II d’Harcourt érige le donjon carré en pierre.
XIIIe siècle
Extension philippienne
Extension philippienne
XIIIe siècle (≈ 1350)
Jean Ier ajoute enceinte et tours rondes.
1418-1449
Guerre de Cent Ans
Guerre de Cent Ans
1418-1449 (≈ 1434)
Prise par les Anglais, reprise en 1449.
XVIIe siècle (1695)
Rénovation classique
Rénovation classique
XVIIe siècle (1695) (≈ 1750)
Marie-Françoise de Brancas modernise le château.
1802
Création de l’arboretum
Création de l’arboretum
1802 (≈ 1802)
Louis-Gervais Delamarre plante des essences rares.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Bernard le Danois - Premier seigneur légendaire |
Compagnon de Rollon, origine supposée des d’Harcourt. |
| Robert II d’Harcourt - Bâtisseur du donjon |
Compagnon de Richard Cœur de Lion. |
| Jean Ier d’Harcourt - Modernisateur du XIIIe siècle |
Ajoute enceinte et tours philippiennes. |
| Jean VII d’Harcourt - Seigneur fastueux |
Prisonnier à Azincourt (1415). |
| Marie-Françoise de Brancas - Rénovatrice du XVIIe siècle |
Transforme le château en résidence classique. |
| Louis-Gervais Delamarre - Créateur de l’arboretum |
Acheteur en 1802, plante cèdres du Liban. |
Origine et histoire
Le château d'Harcourt, situé dans le département de l’Eure en Normandie, trouve ses origines au XIe siècle avec une première forteresse en bois construite sur une motte féodale. Au XIIe siècle, Robert II d’Harcourt, compagnon de croisade de Richard Cœur de Lion, érige un donjon carré en pierre, mentionné dans des chartes entre 1173 et 1175. Ce donjon, entouré d’une basse-cour et d’une chapelle, marque le début de l’architecture médiévale conservée aujourd’hui.
Au XIIIe siècle, Jean Ier d’Harcourt transforme la forteresse en y ajoutant un château polygonal à cinq tours rondes et une enceinte flanquée de douze tours à archères, reflétant l’influence des fortifications « philippiennes ». En 1272, Jean II d’Harcourt y reçoit le roi Philippe le Hardi. Le château joue un rôle stratégique dans les conflits normands, notamment lors de la guerre de Cent Ans, où il est pris par les Anglais en 1418 avant d’être repris en 1449 par les troupes françaises.
La forteresse subit des dommages majeurs pendant les guerres de Religion (1589-1591), où elle change de mains à plusieurs reprises entre ligueurs et royaux. Au XVIIe siècle, Marie-Françoise de Brancas, épouse du comte d’Harcourt, réaménage le château pour le rendre plus habitable : elle détruit trois côtés du polygone médiéval, perce de grandes baies classiques et crée un jardin d’agrément. L’intérieur est repensé, avec un escalier monumental en pierre et ferronnerie.
Après la Révolution, le château, épargné par la destruction, est vendu en 1802 à Louis-Gervais Delamarre, un avoué parisien. Celui-ci y établit en 1802 l’un des plus anciens arboretums de France, plantant des essences rares comme des cèdres du Liban. À sa mort en 1827, le domaine est légué à l’Académie royale d’agriculture, puis cédé au département de l’Eure en 1833. Depuis 2000, le conseil départemental en est le propriétaire.
Le château conserve aujourd’hui des éléments majeurs de son architecture médiévale, dont le donjon découronné, les tours jumelles du châtelet d’entrée et les fossés secs. La basse-cour, autrefois peuplée de bâtiments (logements, chapelle, écuries), est désormais un espace ouvert. Classé monument historique dès 1862, le site a été restauré entre 1988 et 1990 par des bénévoles de l’association Chantiers Histoire et Architecture Médiévales.
L’arboretum, créé au début du XIXe siècle, entoure le château et abrite des espèces végétales remarquables. Le puits du XIIe siècle, profond de 70 mètres et équipé d’un rouet à cage d’écureuil ajouté au XIVe siècle, témoigne des aménagements pratiques médiévales. Le château illustre ainsi l’évolution architecturale et paysagère d’une forteresse normande, du Moyen Âge à l’époque classique.