Origine et histoire du Château d'Hauterive
Le château d'Hauterive, situé à Castres dans le Tarn, trouve ses origines au XIIIe siècle, bien que sa structure actuelle reflète surtout des remaniements des XIVe, XVIe et XVIIe siècles. Appartenant initialement à la famille de Montfort après la croisade contre les albigeois, il passe aux Hautpoul par alliance matrimoniale. Le site conserve des éléments défensifs médiévaux comme une porterie à archères et des douves alimentées par une nappe phréatique, tandis que son plan carré rappelle son usage militaire originel.
Au XVIe siècle, des ouvertures à meneaux sculptés sont ajoutées, marquant l’influence de la Renaissance. Le XVIIe siècle voit un remaniement majeur du logis, avec l’ajout de deux tours carrées encadrant l’aile principale, et la suppression de l’aile sud au XIXe siècle pour agrandir le parc. L’architecte Louis Garros intervient alors pour moderniser l’ensemble, tout en préservant la cour en U fermée par un portail armorié aux armes de la famille de Villeneuve.
Le château change de propriétaires au fil des siècles : après 300 ans sous la maison d’Hautpoul (à partir du mariage de la sœur de Philippe de Montfort avec Raymond d’Hautpoul), il est acquis en 1776 par Jean-Joseph de Villeneuve. Cette famille, toujours propriétaire, compte parmi ses membres Jeanne-Émilie de Villeneuve, canonisée en 2015, et Léontine de Villeneuve, dernière muse de Chateaubriand. Classé monument historique en 2010, le site allie aujourd’hui héritage médiéval et élégance classique.
Les éléments protégés incluent les façades, toitures, tours, douves, ponts et le parc, témoignant de son évolution architecturale. Le château médiéval, bien que transformé, conserve des traces de son passé militaire, comme les meurtrières de la tour sud-ouest. Les projets du XIXe siècle, notamment ceux de Garros, ont adapté le château aux goûts de l’époque tout en respectant sa structure d’origine.
La localisation du château, à proximité du Thoré mais surélevé grâce à ses douves, illustre son rôle stratégique historique. Son inscription au titre des monuments historiques en 2010 souligne sa valeur patrimoniale, mêlant architecture défensive, résidentielle et paysagère. Aujourd’hui, il reste un exemple remarquable de l’adaptation d’un château fort à travers les époques, des guerres médiévales aux aménagements modernes.