Origine et histoire
Le château d'Hénencourt fut édifié au XVIIe siècle par la famille de Lameth, après les invasions espagnoles. Ce monument en brique et pierre, inspiré des villas palladiennes, se compose d’un corps central flanqué d’ailes, avec un péristyle ionique et un parc à la française. Son surnom de « petit Versailles picard » reflète son ambition architecturale, mêlant classicisme et ornements baroques comme les balustrades acquises au XIXe siècle lors du démantèlement du château d’Heilly.
Pendant la Première Guerre mondiale, le château servit de quartier général à William Birdwood, commandant des troupes australiennes et néo-zélandaises (ANZAC). Endommagé par l’explosion d’une bombe britannique en 1916, suivie d’un incendie, il perdit une partie de sa structure. Après-guerre, seules l’aile Est, le corps central et les ruines de l’aile Ouest subsistèrent. Les décors intérieurs, pillés durant la Seconde Guerre mondiale lors de sa transformation en hôpital allemand, ont entièrement disparu.
Classé monument historique en 1984, le domaine inclut aussi un colombier du XVIIIe siècle, œuvre du sculpteur amiénois Jean-Baptiste Carpentier, et les vestiges d’un parc aux aménagements disparus (bassins, charmilles). La grille d’entrée, réalisée par le ferronnier Jean Veyren, illustre l’artisanat local du XVIIIe siècle. Toujours propriété des Lameth, le château témoigne des fastes aristocratiques et des ravages des conflits modernes.
L’architecture du château révèle deux phases majeures : la construction initiale au XVIIe siècle, puis des remaniements au XVIIIe, avec l’ajout d’un avant-corps circulaire côté parc et d’un péristyle côté cour. Ces modifications, attribuées à un proche de Pierre Contant d’Ivry, reflètent l’influence du néoclassicisme. Les boiseries sculptées et le parc en étoile, aujourd’hui effacés, complétaient cet ensemble, symbole du pouvoir seigneurial en Picardie.
Les sources historiques, comme les ouvrages d’Hector Josse ou de Josiane Sartre, soulignent son rôle dans l’histoire locale et son lien avec les frères Lameth, figures de la Révolution française. Les vestiges actuels, bien que fragmentaires, offrent un aperçu de son passé glorieux, entre résilience architecturale et mémoire des guerres qui ont marqué la Somme.