Frise chronologique
XIIIe siècle
Origines médiévales
Origines médiévales
XIIIe siècle (≈ 1350)
Premier château attesté, détruit pendant la Jacquerie
1535
Vente à René de Bucy
Vente à René de Bucy
1535 (≈ 1535)
Reconstruction du château en 1554.
1554
Reconstruction par René de Bucy
Reconstruction par René de Bucy
1554 (≈ 1554)
Nouveau château sur les fondations médiévales
1722
Rebâtiment par Ogier
Rebâtiment par Ogier
1722 (≈ 1722)
Pierre-François Ogier reconstruit le château.
1765-1771
Modernisation par Barré
Modernisation par Barré
1765-1771 (≈ 1768)
Rénovation néo-classique commandée par Roslin.
5 mai 1960
Classement monument historique
Classement monument historique
5 mai 1960 (≈ 1960)
Protection des façades et toitures
1960
Classement monument historique
Classement monument historique
1960 (≈ 1960)
Protection des façades et toitures.
1975
Rachat par la commune
Rachat par la commune
1975 (≈ 1975)
Début des restaurations en 1978.
2012
Ouverture aux réceptions
Ouverture aux réceptions
2012 (≈ 2012)
Location pour événements privés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. D 279) : classement par arrêté du 5 mai 1960
Personnages clés
| René de Bucy - Seigneur et reconstructeur |
Acheteur en 1535, reconstruit en 1554. |
| Pierre-François Ogier - Receveur général du Clergé |
Rebâtit le château en 1722. |
| Jean-Baptiste Roslin d'Ivry - Fermier-général et mécène |
Modernise le château (1765-1771). |
| Jean-Benoît Barré - Architecte parisien |
Auteur de la transformation néo-classique |
| Henri Bamberger - Banquier et propriétaire |
Acquiert le château en 1900. |
| Jean-Benoit Barré - Architecte néo-classique |
Auteur de la rénovation du XVIIIe. |
Origine et histoire
Le château d'Hénonville, situé dans l’Oise à Hénonville, trouve ses origines au XIIIe siècle, avec un premier édifice détruit lors de la Jacquerie. En 1554, René de Bucy, nouveau propriétaire après l’achat à François de Rouville en 1535, reconstruit le château sur les fondations médiévales. La seigneurie reste dans la famille de Bucy jusqu’en 1714, date à laquelle elle est vendue à Pierre-François Ogier, receveur général du Clergé, qui entreprend une reconstruction majeure en 1722, conservant des vestiges comme une tour médiévale cachée derrière des boiseries.
En 1751, le domaine passe à Edme Joseph Roslin, fermier-général anobli, dont le fils, Jean-Baptiste Roslin d’Ivry, confie entre 1765 et 1771 une modernisation complète à l’architecte Jean-Benoît Barré. Ce dernier préserve les quatre tours d’angle tout en rhabillant les façades et en réaménageant intérieurs et extérieurs, incluant une nouvelle grille d’entrée et des bâtiments de ferme. Le château, orné de toiles de Boucher et Fragonard, devient un lieu de prestige avant d’être séquestré pendant la Terreur, puis restitué en 1809 à la famille Roslin, faite baronne de l’Empire.
Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de mains : acquis en 1900 par le banquier Henri Bamberger, vidé pendant la Seconde Guerre mondiale, puis transformé en 1946 en centre pour déportés et réfugiés juifs jusqu’en 1952. Classé monument historique en 1960 pour ses façades et toitures, il est racheté en 1975 par la commune d’Hénonville, qui entreprend sa restauration à partir de 1978. Depuis 2012, le château, partiellement dépouillé de son décor intérieur, est loué pour des réceptions.
L’histoire du château reflète les bouleversements politiques et sociaux de la France, des guerres de Religion à la Révolution, en passant par les deux guerres mondiales. Son architecture mêle héritage médiéval, classicisme du XVIIIe siècle et traces des occupations successives, tandis que ses murs ont abrité des collections artistiques majeures avant de servir de refuge humanitaire.
Aujourd’hui propriété communale, le château d’Hénonville incarne à la fois un patrimoine architectural préservé et une mémoire collective, marquée par ses usages variés, de résidence aristocratique à lieu de solidarité post-Seconde Guerre mondiale. Son classement et sa restauration témoignent de la volonté de conserver ce témoin des époques.