Origine et histoire du Château d'Hénonville
Le château d'Hénonville, situé dans l’Oise à Hénonville, trouve ses origines au XIIIe siècle, avec un premier édifice détruit lors de la Jacquerie. En 1554, René de Bucy, nouveau propriétaire après l’achat à François de Rouville en 1535, reconstruit le château sur les fondations médiévales. La seigneurie reste dans la famille de Bucy jusqu’en 1714, date à laquelle elle est vendue à Pierre-François Ogier, receveur général du Clergé, qui entreprend une reconstruction majeure en 1722, conservant des vestiges comme une tour médiévale cachée derrière des boiseries.
En 1751, le domaine passe à Edme Joseph Roslin, fermier-général anobli, dont le fils, Jean-Baptiste Roslin d’Ivry, confie entre 1765 et 1771 une modernisation complète à l’architecte Jean-Benoît Barré. Ce dernier préserve les quatre tours d’angle tout en rhabillant les façades et en réaménageant intérieurs et extérieurs, incluant une nouvelle grille d’entrée et des bâtiments de ferme. Le château, orné de toiles de Boucher et Fragonard, devient un lieu de prestige avant d’être séquestré pendant la Terreur, puis restitué en 1809 à la famille Roslin, faite baronne de l’Empire.
Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de mains : acquis en 1900 par le banquier Henri Bamberger, vidé pendant la Seconde Guerre mondiale, puis transformé en 1946 en centre pour déportés et réfugiés juifs jusqu’en 1952. Classé monument historique en 1960 pour ses façades et toitures, il est racheté en 1975 par la commune d’Hénonville, qui entreprend sa restauration à partir de 1978. Depuis 2012, le château, partiellement dépouillé de son décor intérieur, est loué pour des réceptions.
L’histoire du château reflète les bouleversements politiques et sociaux de la France, des guerres de Religion à la Révolution, en passant par les deux guerres mondiales. Son architecture mêle héritage médiéval, classicisme du XVIIIe siècle et traces des occupations successives, tandis que ses murs ont abrité des collections artistiques majeures avant de servir de refuge humanitaire.
Aujourd’hui propriété communale, le château d’Hénonville incarne à la fois un patrimoine architectural préservé et une mémoire collective, marquée par ses usages variés, de résidence aristocratique à lieu de solidarité post-Seconde Guerre mondiale. Son classement et sa restauration témoignent de la volonté de conserver ce témoin des époques.