Origine et histoire du Château d'Herbeys
Le château d'Herbeys, surnommé "la maison des évêques", est une ancienne maison forte du XIVe siècle, plusieurs fois remaniée, qui se dresse sur la commune d'Herbeys en Isère; le village est étroitement lié à sa silhouette dominée par un large dôme. Du XIVe siècle à la Révolution, il fut résidence épiscopale des évêques-princes de Grenoble. Au tout début du XIVe siècle, le seigneur Lantelme de Commiers fit édifier, près de l'église, une maison forte appelée la "Tour Carrée", qui constitue la partie centrale actuelle. La terre d'Herbeys appartint aux seigneurs-évêques de Grenoble à partir de 1343, et la Tour Carrée fut achetée par l'évêque Aimon Ier de Chissé le 20 janvier 1393; elle fut renommée "castrum novum" en octobre 1407. Aymon II de Chissé, évêque de 1428 à 1450, transforma la tour en demeure plus confortable et fit peindre le plafond à l'huile. L'évêque Laurent Alleman s'y retira en 1518 et y mourut deux ans plus tard. À partir du XVIIe siècle, le domaine appartint à la famille Le Camus jusqu'au début du XXe siècle; Monseigneur Le Camus, surnommé le "cardinal des montagnes", entreprit de vastes transformations et fit aménager des jardins à la française. La reconstruction qui donna au bâtiment l'allure d'un château élégant débuta après 1678; un balcon en fer forgé du XVIIe siècle, orné d'un masque ainsi que de la mitre et de la crosse épiscopale, ornait alors la face ouest avant d'être déplacé en 1900 sur la face sud. Le dernier évêque mentionné, Hay de Bonteville, critiqué pour son train de vie et son rôle lors de la Journée des Tuiles, se donna la mort le 6 octobre 1788. Parmi les propriétaires postérieurs figurent le banquier Louis Piat-Desvial, pionnier de l'automobile, puis la famille Finaz, qui, pendant la Première Guerre mondiale, accueillit des soldats blessés et transforma la vaste salle du dôme en hôpital. Racheté par un propriétaire privé en 1998, le château n'est pas accessible au public mais conserve plusieurs éléments notables datant du XVIIe siècle : la tour carrée, coiffée d'un dôme d'ardoises à quatre pans; un balcon de pierre sur la façade du parc; et des décorations en trompe-l'œil dans la salle du Dôme. Le plafond du salon du premier étage est inscrit au titre des monuments historiques, tandis que le salon à l'italienne appelé le Dôme et la salle à manger sont classés depuis 1949. Le parc, créé par un maître d'œuvre inconnu et doté de jardins remarquables, fait partie de l'Inventaire général du patrimoine culturel.